J'ai l'insigne honneur de vous informer de la publication en e-book, livre broché et relié d'un Récit intitulé "Al Tariqa El Qadiriyya au Maghreb. Une épopée sans glorification", articulé en deux parties. 154 pages.
Ce livre s'inscrit dans le prolongement de la saga romanesque "Tin-n-Ouahr", de l'Essai didactique "Conversation étrange avec une Intelligence Artificielle et du Témoignage "Tin-n-Ouahr. Les silences d'un auteur".
Je vous en souhaite une bonne lecture !
nb: This book is also published by me in English and Arabic.
هذا الكتاب منشور أيضاً من قبلي باللغتين الإنجليزية والعربية.
En Voici en exclusivité pour mes chers lecteurs l'Avant-propos, le Prologue et le Chapitre Premier de mon nouveau livre.
Muhammad
Jamal El Kadiri
Al
Tariqa Al Qadiria au Maghreb. Une épopée sans glorification
Récit
Avec la
participation talentueuse d'Intelligences Artificielles conversationnelles
El
Kadiri publishing
A tous
les Tolbas du Maghreb, marchand à pieds avec les caravanes, dans le sillage
d’Abdelkader El Jilani, le Prince des Saints, afin de propager les enseignements ésotériques de la Tariqa El Qadiriyya
Avant-propos
L’écriture de ce manuscrit a été virtuellement confiée à un
scribe, attaché au Saint Sidi
Abdelhafidh El Qadiri. Ce Taleb effacé apporte :
- La Fidélité (El Wafa) : Il n'est pas un
observateur extérieur. Il est l'ombre d'Abdelhafidh. Son récit n'est pas un
constat, c'est un témoignage de dévotion...
- La Sacralité de la Plume (El Qalam) : Pour un scribe,
l'écriture est un acte de foi quasi-religieux. Chaque mot pesé doit être digne
de la lignée...
Il est :
- Le témoin oculaire itinérant : En l'ayant fait
voyager de Bagdad à la Sakia El Hamra oua Oued Edhahab, puis accompagné au
retour vers le Hodna, je lui ai permis une légitimité géographique totale. Il a
vécu l'exil, semé à tous vents l'enseignement ésotérique de la Tariqa El
Qadiriyya et subi l’âpre retour vers l’Est, après l’oppression des
colonisateurs ibères...
- Le «Miroir» d'Abdelhafidh : Puisqu'il est
«effacé», il prend juste une petite place. Il laisse toute la lumière au
Maître. Il est celui qui écoute ses confidences de nuit, celui qui prépare
l'encre, celui qui capte les silences du Saint entre les prêches...
- L'archiviste de la mémoire : Il justifie
parfaitement sa volonté de transmettre, pour ne pas laisser la poussière
s'accumuler sur son écritoire de scribe, dans le grenier de notre maison. C'est
lui qui a sauvé la Sajara de l'oubli...
Ses traits psychologiques caractéristiques
sont :
- Son humilité : Il pourrait
commencer par dire qu'il n'est qu'un instrument, un simple qalam entre les
mains du destin...
- Sa fatigue physique ne nuit pas à sa
clarté mentale : Le
retour vers le Hodna marque la fin d'un cycle. Il écrit à la fin de sa vie,
sentant l'urgence de fixer les souvenirs...
- Sa langue : Contrairement au
style peut-être plus «procédurier» de Tchalabi, le narrateur de la Saga
romanesque «Tin-n-Ouahr», ce Taleb peut
utiliser une prose plus poétique, El Melhoun,
parsemée de références soufies, de critiques acerbes contre des gouvernants ou
de métaphores ésotériques liées au désert, à l’aide aux pauvres et à la quête
de savoir...
Note importante de
l’auteur : Par principe inaltérable, la confrérie El Qadiriyya n’est
pas une secte, n’en déplaise aux tenants de la laïcité ! Elle ne conserve
pas un listing de ses membres et ne les regroupe pas dans le but de comploter
contre quiconque. Elle n’apporte son obédience à aucun système politique. Ceux
qui arguent qu’elle affirme qu’il faut obéir sans broncher aux autorités,
mentent ! Simplement, elle refuse l’anarchie, qui fait souvent le
«bonheur» d’un certain type d’autoritarisme, hélas latent dans les pays bridés
par le néocolonialisme. A contrario, certains «cénacles»
modernes se réclamant d’elle, pour faire allusion à un ancrage historique, et
prônant l’élitisme, glorifient plutôt les sultans et aiment à s’afficher
outrageusement avec les puissants de ce monde...
Ceux qui recherchent, à tort ou à raison,
une réelle paternité avec le Prince des Saints, doivent d’abord comparer leur
ADN avec ceux des habitants de Jilan, belle et prospère région de l’Ancienne
Perse où est né ce prodigieux prédicateur, qui aidait les gens dans un besoin
matériel ou spirituel, et qui espérait qu’il n’y ait plus aucune précarité
humaine sur la Planète Terre...
Pour conclure cette modeste entrée en
matière sur la confrérie El Qadiriyya, dont j‘ai l’insigne honneur d’être issu,
j’estime, quant à moi, que la seule paternité idéologique à rechercher parmi
d’érudits soufis d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, est… juste spirituelle !
Par ailleurs, il est primordial d’affirmer
que toute ressemblance étrangère, avec des personnes vivantes ou mortes dans le
texte de ce récit, ne serait que purement fortuite et ne pourrait par conséquent
prêter à équivoque.
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Prologue
Mon
nom est Abdoul Qadir Ibn El
Mansour, un membre parmi tant d’autres de la lignée des Qadirites. Un homme
dont l’ombre s’est confondue, des décennies durant, avec celle de mon Maître,
Sidi Abdelhafidh El Qadiri. On m’appelle le plus souvent El
Kateb, et c’est une charge honorifique que je porte avec plus de
fierté que n’importe quel autre titre, car elle signifie que mes mains ont eu
la Baraka
inouïe de recueillir le souffle de la parole du saint homme, afin de la
transmettre aux générations futures...
Tout avait commencé pour moi à Bagdad. Je
me revois encore, assis à l’ombre de ses voûtes séculaires, alors que le
tumulte de la cité n’était pour nous qu’un murmure diffus, ne couvrant pas les
préparatifs de notre expédition et l’imminence de notre départ pour la
lointaine Ifriqiya...
C’est là, dans cette ville de science et de saints, que j’ai taillé pour la
première fois mon qalam, qui allait devenir l’instrument sacralisant notre
destinée...
Je me souviens de l’odeur de l’encre
fraîche et du grain
du parchemin, tandis que Sidi Abdelhafidh tournait déjà son regard vers
l’horizon du sud-ouest, vers cette Sakia
El Hamra oua Oued Edhahab, ant languis, alors que nous attendaient, tout au long
de notre parcours, un sable brulant, des pierres acérées et l’épreuve
douloureuse d’un voyage plein de périls...
Je ne savais pas alors que ce qalam
me suivrait du cœur de l’Orient jusqu’aux rivages de l’Atlantique, pour finir
sa course ici, sur les riches terres céréalières du Hodna, aux contreforts du
Djebel Boutaleb...
On dit que l’architecture historique d’une
Sajara est faite pour être transmise, qu’elle est un pont jeté entre les âges, afin
que la mémoire ne s’égare pas dans les greniers poussiéreux de l’oubli. Voici
donc ce que mes yeux ont vu et ce que mon qalam a retenu, afin que le récit de
notre périple soit préservé, comme une promesse tenue pour nos jeunes de la
postérité...
Bagdad n'était pas seulement une grande
ville, c'était un vertige... Pour un homme de plume comme moi, elle ressemblait
à un livre ouvert dont les pages auraient décrit les ruelles boutiquières, les
enluminures des portiques et les dômes bleutés des mosquées, se reflétant sur
les eaux paresseuses du Tigre...
Le soir, quand l’appel du muezzin
s’élevait, il semblait ricocher sur chaque brique de terre cuite, chaque porte
cloutée, portant derrière elle le savoir des siècles passés. Nous vivions dans
l’enceinte sacrée de la connaissance, entre le parfum du cuir des reliures,
celui des senteurs odoriférantes des épices et des fruits murs, s'échappant des
souks. Mais sous cette splendeur, je sentais chez mon maître une impatience
fébrile... Sidi Abdelhafidh ne marchait pas dans Bagdad en vacancier, mais en
homme qui vient puiser à la source l’enseignement de ses maitres, avant de
creuser son propre puits de savoir pour ses disciples...
Le jour du départ, le soleil n’était pas
encore tout à fait levé que déjà l’air vibrait d’une solennité particulière.
Nous nous tenions devant le mausolée de Moulay Abdoul Qadir El Jilani, le
Prince des Saints. L’air était chargé d’une odeur de musc, de jasmin et de cire
d'abeille...
Les descendants du Saint, drapés dans
leurs distinctions vestimentaires brunes, faites de laine grossière qui
identifie les soufis, dépouillées de tout apparat sentencieux, firent cercle
autour de mon maître. Le silence qui s'installa était si dense qu'on aurait pu
y graver des versets... Tous posèrent leurs mains sur son épaule droite, un
geste de transmission des anciens de la Tariqa, autant que d'adieu. Ce n'était
pas une simple séparation, c'était comme une investiture... Ils lui confiaient
une étincelle de leur secret pour qu'il aille en éclairer le Maghreb...
«Pars, Abdelhafidh, murmura le plus âgé,
la barbe blanche comme de la neige... Le chemin est long, mais ton cœur en
connaît déjà l'arrivée... »
Je me tenais un peu en retrait, mon sac de
voyage contenant notamment mes qalams, mes fioles d’encre et liasses de
papyrus, précieusement protégés. La caravane nous attendait à la porte Ouest de
la ville. Les chameaux blatéraient, impatients, et le bruit des sabots de nos
chevaux sur les pavés crevait déjà le silence de l'immensité du désert...
Quand mon maître se retourna vers moi, son
regard avait d'une étrange clarté :
«Abdoul Qadir, me dit-il ! As-tu bien
rangé ton écritoire ? Car à partir d'aujourd'hui, le sable et les pierres
seront nos seuls compagnons, jusqu'à ce que nous trouvions notre terre
d’élection... »
Je hochai la tête, incapable de parler.
Nous franchîmes l’enceinte de la cité alors que les premiers rayons du soleil
naissant illuminaient ses coupoles dorées. Derrière nous, Bagdad restait dans
sa gloire... Devant nous, c’est l'inconnu du Maghreb et du Sahara qui nous
appelait, guidé par cette Baraka que nous emportions comme un trésor
invisible...
Le Poids de
l'Encre
Je me souviens, comme si c’était hier, de cette
première nuit dans le désert, après une dizaine de lieues de parcours depuis le
franchissement des remparts de Madinat al-Salam. Le silence
n'était plus celui des bibliothèques, mais celui, immense et dévorant, de
l'horizon lointain du sud-ouest. Sidi Abdelhafidh s'était assis à l'écart, ses
yeux fixant les premières étoiles, comme des joyaux phosphorescents de sagesse
ancienne de ses maitres...
Il m'appela d'un geste :
«Abdoul Qadir, dit-il en désignant mon
écritoire... Ce que tu vas inscrire ici n'est pas fait de simples mots... C'est
comme un sang palpitant qui ne sèche jamais... Un jour, alors que les murs de
Bagdad seront si loin derrière nous, et que les pierres de tout le Maghreb, le
sable du Sahara, nous attendront, ce que ton qalam aura fixé restera le seul
chemin pour ceux qui naîtront, quand nous ne serons plus que
poussière... »
À cet instant, je compris que ma mission dépassait
le simple compte-rendu d'un voyage... Chaque lettre tracée était une balise
jetée vers le futur. Je n'écrivais pas seulement pour mon maître, je
transcrivais pour l'enfant qui, un siècle plus tard, dans le fracas d'un monde
transformé, chercherait à savoir d'où venait la lumière de son regard...
Ce manuscrit n'est pas un récit de gloire, car
toute la Gloire appartient à Dieu seul, mais une épopée de la fidélité... Une
promesse que ni le Simoun, ni le Guebli, ne pourront
jamais effacer, tant qu'une main, quelque part, accepterait d'en reprendre le
flambeau...
Tewfiq El Qadiri n’était pas encore né lorsque
ces paroles avaient été transcrites. Il ne le savait pas encore, mais il hérita
étrangement de l’écritoire d’El Mansour, après le legs des biens meubles de son
défunt père. Un jour, la tablette lui glissa des mains vers le sol, avec un
fracas étrange, lorsqu’il avait voulu la ranger à une étagère du grenier. Une
trappe sous le plumier s’ouvrit. Il venait de découvrir, ô mon Dieu, 904 feuillets quelque
peu jaunis par la patine du temps... Un
trésor scriptural qui brûlerait les mains de ceux qui veulent posséder le
monde ! Pour des services secrets, ces parchemins dénonçaient une trahison
historique, une preuve de l'ombre infâme portée sur l'indépendance tronquée du
pays. Ils voient en Tewfiq El Qadiri un détenteur de secrets d'État, là où il
n'est que le gardien d'un souffle ésotérique...
Mais la véritable clé est ailleurs. Elle réside
dans les vers sibyllins de Sidi
Abdelhafidh.
Un siècle plus tard, Tewfiq El Qadiri, assis
sur sa paillasse de conscrit, lors de son instruction militaire, se remémorait
les mots du Saint comme on déchiffre une carte céleste :
«Ne crois pas aux articles des journaux,
apprêtés au mensonge... »
L'avertissement est clair ! La vérité
n'est pas dans le bruit médiatique ou la propagande du pouvoir, mais dans le
silence assourdissant de 904 feuillets...
«Que Dieu protège Istanbul, par qui
s’apaiseront les cœurs... Hélas, les Roms seront bientôt là... Bienheureux, ô
mon Dieu, je ne les verrais point !»
Ici, la géographie se brouille. Istanbul reste
une métaphore de la «Divine Porte», le cœur battant de la foi et de la culture.
L'arrivée imminente des «gaulois», de l'Occident, de la modernité dévorante, ou
de l'armée qui, toujours utilisée par délégation, bât tous les pavés qu’on lui
commande d’emprunter, n'est pas simplement une menace militaire, c'est une
fatalité cyclique... Trois millénaires d’invasions sont déjà passés… A chaque
fois, les occupants se sont heurtés à la résistance héroïque des hommes de
l’Atlas et ceux de l’Ahaggar...
Le destin de Tewfiq El Qadiri s’était déjà
révélé, lorsqu’il était à l’université, à la lumière pâle d’une lampe à pétrole
:
«Je suis l'homme qui doit protéger la Divine
Porte de notre lignée de l'invasion du treillis kaki et du mensonge
institutionnel d’un pouvoir politico-militaire qui a à en redire... Le poème
prophétique de notre aïeul n'est pas une simple rime, c'est une armure...»
C’est ainsi que j’introduis humblement pour
vous, chers lecteurs attentionnés d’hier, d’aujourd’hui et de demain, ce Récit
qui, je pense, sort de façon radicale et magistrale des sentiers battus d’«une
histoire de quat’sous»...
Livre Premier :
«La longue marche de l’Orient vers l’Occident»
Chapitre
Premier
Le
Caire nous accueillit dans un fracas de poussière striant la lumière du soleil,
le long d’un dédale de ruelles commerçantes animées d’une cacophonie démesurée,
qui contrastait avec la géométrie savante de Bagdad. Là, au pied des minarets
d'Al-Azhar,
j'ai compris que mon voyage ne serait pas seulement une traversée de terres
lointaines, mais une épreuve symbolique pour mon métier...
Pendant que Sidi Abdelhafidh s'entretenait avec
les docteurs de la Loi, j'ai couru vers le souk des papetiers. Mes mains tremblaient
en découvrant les encres d’Égypte. Elles n'avaient pas la profondeur bleutée
des pigments de Perse, mais elles possédaient un noir de jais,
dense et têtu, capable de résister aux vents les plus secs. J'en achetai
quelques fioles, les serrant contre moi comme des talismans...
Assis dans un coin de la cour de la grande université, je
sortis mon qalam. Le climat avait changé, le papyrus devenant plus cassant sous
la chaleur. Et il me fallait reconsidérer l’élasticité de la pression de mon
poignet, adapter mon geste à ce nouvel effleurement de mon qalam sur le papier.
C'est ici, entre le fleuve Nil et le désert, que j'ai cessé d'être le scribe de
Bagdad pour devenir le porte-flambeau de la Tariqa, tout au long de chemins de
traverse...
Je regardai mon maître sortir de la mosquée, entouré d'une
nuée d'étudiants fascinés par sa prestance et son éloquence. Il me fit un signe
de tête pour partir. Nous ne faisions que passer. L'Égypte n'était qu'une
étape, un pont jeté vers le Couchant. Mon écritoire était prêt. Derrière les
murs de granit roux, taillé finement, d'Al-Azhar, quelqu’un allait commencer à
consigner les pas de Sidi Abdelhafidh vers sa destinée. C’était moi, le scribe
Abdul Qadir Ibn El Mansour, votre humble narrateur…
El
Muqadimma du Manuscrit d’El Mansour :
La Grande
Dispersion
Au
Nom de Celui qui Guide nos pas dans l'immensité du monde, j'écris ces lignes
alors que le vent de la Hamada El Hamra s'immisce
dans les plissements de nos chèches, jusque dans les replis de nos peaux.
Notre caravane, sous la
protection de Sidi Abdelhafidh, avait quitté les rivages de Tripoli comme une
main qui s'ouvre, chaque doigt pointant vers un destin différent. Là-bas,
nous fûmes contraints de nous dessaisir de nos chevaux, car nous allions
cheminer le long de moult pistes pierreuses et sablonneuses du Sahara. Notre
marche fut lente, rythmée par le balancement des dromadaires et le crépitement
des feux de camp sous la voûte céleste. Pour éviter les troubles du Maghreb
oriental, nous avions plongé dans le silence du désert. Notre guide fit cap :
- VersRouissat, le premier
point d'ancrage de notre lignée, après une éprouvante traversée du Tassili
N’Ajjers, où une partie de nos frères a choisi de planter ses piquets de tente
en permanence. Ils y gardent désormais la trace de notre passage et le siège de
notre Confrérie pour le Maghreb et l’Afrique. Pour les autres, l'heure des
adieux fut déchirante...
- Vers le Grand Sud : Une frange a loué les
services des guides N’haggers, ces maîtres du désert, pour s'enfoncer vers
Agades et Zinder, au Niger.
- Vers l'Afrique Occidentale lointaine : Une
autre colonne a mis le cap sur Chinguetti, la ville
des savants, pour y semer les graines de notre savoir. Quelques-uns de nos
Tolbas y sont restés, avant que d’autres rejoignent les terres tropicales, le
long du fleuve Niger, afin de rallier Timbuctu.
- Le Cœur de la Marche : Ce furent nous, les fidèles
à Sidi Abdelhafidh. Nous avions traversé les immensités plates, désolées et
arides des Hamadas du Ghir et du
Draa...
L'arrivée
à Smara
C’est une terre ocre, faite de sable, de pierres
et de lumière, qui nous a accueillis. La ville sainte de Smara, à Sakia El
Hamra oua Oued Edhahab, est devenue notre refuge et notre sanctuaire. Ici, le
temps semble s'être arrêté pour nous, comme si le désert reconnaissait en Sidi
Abdelhafidh un gardien légitime de ses secrets...
Pourtant, alors que nous nous installâmes, mon
esprit ne pouvait s'empêcher de songer aux miracles du destin. On racontera que,
des siècles plus tard, d'autres convois, celui, militaire et humanitaire, avec
le Sous-lieutenant Tewfiq El Qadiri comme chef de mission, le futur porte-flambeau
de notre lignée, emprunteront ces mêmes pistes poussiéreuses pour porter
secours à ce même peuple de la Sakia El Hamra oua Oued Edhahab. La poussière de
nos pas ne s'était pas encore dissipée qu'elle se mêlât déjà à celle d’un de nos
descendants...
Pendant que nous bâtissions les medersas de nos
Tolbas, nous savions que de l'autre côté de l'Atlas Saharien, une autre frange
des Qadirites rallia l’Ouest, et que les tentes de la Smala de l’Emir Abdoul
Qadir s’élevèrent déjà dans les plaines verdoyantes de Mascara. La Sajara est
désormais déployée vers tous les horizons du Maghreb...
Foreword
The writing of this manuscript was virtually entrusted
to a scribe attached to the saintly Sidi Abdelhafidh El Qadiri. This discreet
taleb brings with him:
• Fidelity (El Wafā): he is not an external observer.
He is Abdelhafidh’s shadow. His account is not a report, but a testimony of
devotion.
• The Sacred Nature of the pen (Qalam): for a scribe,
writing is a quasi-religious act. Every weighed word must be worthy of the
lineage.
He is:
• The itinerant eyewitness: by having him travel from
Baghdad to Sakia El Hamra and Oued Ed-Dhahab, and then accompany the return
journey towards the Hodna, I granted him full geographical legitimacy. He lived
exile, scattered the esoteric teaching of the Tariqa Al Qadiriyya to the four
winds, and endured the harsh return eastward after the oppression of the Iberian
colonizers.
• The “Mirror” of Abdelhafidh: because he is
deliberately effaced, he occupies only a modest place. He leaves all the light
to the Master. He is the one who listens to his nocturnal confidences, prepares
the ink, and captures his silences between sermons.
• The archivist of memory: he fully justifies his
determination to transmit, so that dust may not gather on his scribe’s desk in
the attic of our house. It is he who saved the Sajara from oblivion.
His defining psychological traits are:
• Humility: he might begin by saying that he is but an
instrument, a simple qalam in the hands of destiny.
• Physical fatigue that does not impair mental
clarity: the return to the Hodna marks the end of a cycle. He writes at the
close of his life, sensing the urgency of fixing memories in words.
• His language: unlike the perhaps more procedural
style of Tchalabi, the narrator of the novelistic saga Tin-n-Ouahr, the taleb
may employ a more poetic prose, El Melhoun; interwoven with Sufi references or
esoteric metaphors linked to the desert, assistance to the poor, and the quest
for knowledge.
Important note of the author
By an unalterable principle, the El Qadiriyya
brotherhood is not a sect, notwithstanding the claims of certain advocates of
rigid secularism. It does not keep membership lists, nor does it gather its
followers in order to conspire against anyone. It offers allegiance to no
political system. Those who claim that it teaches blind obedience to authority
are lying. It simply rejects anarchy, which too often serves the “happiness” of
a certain form of authoritarianism — alas latent in countries constrained by
neo-colonialism.
By contrast, certain modern “circles” claiming
affiliation with it, under the pretext of historical anchorage and while
promoting elitism, tend rather to glorify sultans and ostentatiously associate
themselves with the powerful of this world.
Those who seek, rightly or wrongly, a genuine
filiation with the Prince of Saints must first compare their DNA with that of
the inhabitants of Jilan, the beautiful and prosperous region of Ancient Persia
where this prodigious preacher was born — a man who aided people in material
and spiritual need, and who hoped that no human precarity would remain on
Planet Earth.
To conclude this modest introduction to the El
Qadiriyya brotherhood, from which I have The distinguished honor of descending,
I hold that the only form of paternity worth seeking among the learned Sufis of
yesterday, today, or tomorrow is… purely spiritual.
لقد أُسندت كتابة هذه المخطوطة فعلياً إلى كاتبٍ مُلازمٍ للوليّ الصالح سيدي عبد الحفيظ القادري. هذا الكاتب المُخلص
يحمل معه :
• الوفاء : فهو ليس مُراقباً خارجياً، بل هو ظلّ عبد الحفيظ. روايته ليست
تقريراً، بل شهادة إخلاص.
• قدسية القلم : فالكتابة بالنسبة للكاتب عملٌ شبه ديني. يجب أن تكون كل كلمةٍ
مُوزونةٍ جديرةً بالنسب.
وهو :
• الشاهد العيان الجوال :
بتكليفه بالسفر من بغداد إلى ساقية الحمراء ووادي الذهب، ثم مرافقته في رحلة
العودة إلى الحضنة، منحته شرعيةً جغرافيةً كاملة. عاش في المنفى، ونشر تعاليم
الطريقة القادرية الباطنية في أرجاء المعمورة، وتحمّل مشقة العودة شرقًا بعد ظلم
المستعمرين الأيبيريين.
• «مرآة» عبد الحفيظ :
لأنه طمس نفسه عمدًا، فإنه لا يشغل إلا مكانة متواضعة. يترك كل النور للسيد. هو من
يصغي إلى همساته الليلية، ويحضر الحبر، ويسجل صمته بين الخطب.
• أمين الذاكرة : يبرر تمامًا عزمه على النقل، حتى لا يتراكم الغبار على مكتبه في
علية منزلنا. هو من أنقذ الشجرة من النسيان.
من أبرز سماته النفسية :
• التواضع : قد يبدأ بالقول إنه ليس إلا أداة، قلمًا بسيطًا في يد القدر.
• إرهاق بدني لا يُؤثر
على صفاء الذهن : يُمثل العودة إلى الهضاب نهاية دورة. يكتب في أواخر حياته،
مُدركًا ضرورة تخليد الذكريات بالكلمات.
• لغته : على عكس أسلوب الجلبي، راوي ملحمة "تين-ن-أوهر"
الروائية، الذي قد يبدو أكثر إجرائية، قد يستخدم الطالب نثرًا أكثر شاعرية، هو
الملحون؛ مُتخللًا بإشارات صوفية أو استعارات باطنية مُرتبطة بالصحراء، ومساعدة
الفقراء، والسعي وراء المعرفة.
ملاحظة هامة من المؤلف :
بمبدأ ثابت لا يتزعزع، فإن الطريقة القادرية ليست طائفية، بغض النظر عن
ادعاءات بعض دعاة العلمانية المُتشددة. فهي لا تحتفظ بقوائم عضوية، ولا تجمع
أتباعها للتآمر ضد أحد. لا تُدين بالولاء لأي نظام سياسي. أولئك الذين يدّعون أنها
تُعلن طاعتها العمياء للسلطة، كاذبون! إنها ببساطة ترفض الفوضى،
التي غالبًا ما تخدم "سعادة" شكلٍ معين من أشكال الاستبداد - الكامن
للأسف في البلدان التي ترزح تحت وطأة الاستعمار الجديد.
في المقابل، تميل بعض "الدوائر" الحديثة التي تدّعي الانتماء
إليها، متذرعةً بالارتباط التاريخي، وفي الوقت نفسه تروج للنخبوية، إلى تمجيد
السلاطين والتفاخر بربط نفسها بأصحاب النفوذ في هذا العالم.
أولئك الذين يسعون، صوابًا أو خطأً، إلى نسبٍ حقيقي لأمير الأولياء، عليهم
أولًا أن يقارنوا حمضهم النووي بحمض سكان جيلان، تلك المنطقة الجميلة والمزدهرة في
بلاد فارس القديمة، حيث وُلد هذا الداعية العظيم - الرجل الذي ساعد الناس في
احتياجاتهم المادية والروحية، والذي كان يأمل ألا يبقى أي إنسان يعاني من الهشاشة
على كوكب الأرض.
وختامًا لهذه المقدمة المتواضعة عن الطريقة القادرية، التي أتشرف بالانتماء
إليها، أرى أن الشكل الوحيد للأبوة الجديرة بالبحث عنها بين علماء الصوفية، قديمًا
وحديثًا، هو... الأبوة الروحية الخالصة.
وأخيرًا، من الضروري التأكيد على أن أي تشابه، سواء كان أجنبيًا أو غير
ذلك، مع أشخاص أحياء أو أموات في نص هذه الرواية هو محض صدفة، ولا يمكن بالتالي
أن يُثير أي لبس.
ثقل الحبر
أتذكر، كأنها
البارحة، تلك الليلة الأولى في الصحراء، بعد أن قطعنا نحو عشرة أميال خلف أسوار
مدينة السلام. لم يعد الصمت صمت المكتبات، بل صمتٌ هائلٌ مُهلكٌ يُخيّم على الأفق
الجنوبي الغربي البعيد. كان سيدي عبد الحفيظ يجلس جانبًا، وعيناه مثبتتان على
النجوم الأولى، كجواهر متلألئة من حكمة قديمة ورثها عن أسلافه.
أومأ إليّ.
قال، مشيرًا إلى
حقيبة قلمي:
"عبد القادر، ما أنت على وشك نقشه هنا ليس مجرد كلمات. إنه
كدم نابض لا يجف. يومًا ما، حين تُصبح أسوار بغداد بعيدة عنا، وحين تستقبلنا حجارة
المغرب ورمال الصحراء، سيبقى ما نقشته بقلمك هو السبيل الوحيد لمن يُولدون حين
نُصبح نحن ترابًا".
في تلك اللحظة،
أدركت أن مهمتي تتجاوز بكثير مجرد سرد رحلة. كان كل حرفٍ نُقش منارةً تُضيء الطريق
نحو المستقبل. لم أكن أكتبُ لسيدي فحسب، بل كنتُ أنقلُ لطفلٍ سيسعى، بعد قرنٍ من
الزمان، وسط صخب عالمٍ مُتغير، إلى معرفة مصدر نور عينيه.
ليست هذه
المخطوطةُ حكايةَ مجدٍ - فالمجدُ كله لله وحده - بل هي ملحمةُ وفاء. وعدٌ لن يمحوه
لا سيمون ولا الڤبلي، ما دامت يدٌ، في مكانٍ ما، تقبل حملَ الشعلة.
لم يكن توفيق
القادري قد وُلد بعدُ حين نُقلت هذه الكلمات. لم يكن يعلم حينها أنه سيرث، بطريقةٍ
غريبة، حافظةَ أقلام المنصور بعد توزيع ممتلكات والده الراحل. في أحد الأيام،
بينما كان يحاول وضعَ اللوح على رفٍ في العلية، انزلق من يديه وارتطم بالأرض بصوتٍ
مدوٍّ. انفتحَ حجرةٌ سريةٌ أسفل حافظة الأقلام. لقد اكتشف للتو 904 مخطوطة، اصفرّت
قليلاً بفعل الزمن، كنزٌ دينيٌّ كفيلٌ بإحراق أيدي من يسعون إلى امتلاك العالم.
بالنسبة لأجهزة
المخابرات، مثّلت هذه المخطوطات خيانةً تاريخية، ودليلاً على الظلّ المشؤوم الذي
أُلقي على استقلال البلاد المنقوص. رأوا في توفيق القادري حاملاً لأسرار الدولة،
بينما لم يكن سوى حارسٍ لروحٍ باطنية.
لكن المفتاح
الحقيقي يكمن في مكانٍ آخر، في أبيات سيدي عبد الحفيظ البليغة.
بعد قرنٍ من
الزمان، استذكر توفيق القادري، جالساً على حصير التجنيد خلال التدريب العسكري،
كلمات الوليّ كما لو كان يفكّ رموز خريطةٍ سماوية:
"لا تصدّقوا مقالات
الصحف، المتوشّحة بالزيف..."
التحذير واضح.
الحقيقة لا تكمن في ضجيج الإعلام أو في دعاية السلطة، بل في الصمت المدوّي لتلك
المخطوطات الـ 904.
التحذير واضح.
الحقيقة لا تكمن في ضجيج الإعلام أو في دعاية السلطة، بل في الصمت المدوّي لتلك
المخطوطات الـ 904.
"ليحفظ الله
إسطنبول، التي بها تطمئن القلوب... آه، سيأتي الرومان قريبًا. طوبى لي يا إلهي،
لأني لن أعيش لأراهم!"
هنا، تتلاشى
الحدود الجغرافية. تبقى إسطنبول رمزًا للبوابة الإلهية، قلب الإيمان والثقافة
النابض. إن وصول "الغاليين"، أو الغرب، أو الحداثة المتوحشة - أو الجيش،
المُكلف دائمًا، الذي يدوس أي طريق يُؤمر بعبوره - ليس مجرد تهديد عسكري؛ بل هو
قدر محتوم. ثلاثة آلاف عام من الغزوات قد مرت. وفي كل مرة، واجه المحتلون مقاومة
بطولية من رجال الأطلس والأهقار.
لقد تجلّى مصير
توفيق القادري حين كان في الجامعة، على ضوء مصباح زيتي خافت: