In(En) 6 volumes

By(par) Muhammad Jamal El Kadiri

20260415

Al Tariqa El Qadiriyya au Maghreb. Une épopée sans glorification... (Réédition revue et améliorée)

J'ai l'insigne honneur de vous informer de la publication en e-book, livre broché et relié d'un Récit intitulé "Al Tariqa El Qadiriyya au Maghreb. Une épopée sans glorification", articulé en deux parties / 
Livre broché ISBN 9798243459471   
Livre relié ISBN 9798243539616 
160 pages. 

Ce livre s'inscrit dans le prolongement de la saga romanesque "Tin-n-Ouahr", de l'Essai didactique "Conversation étrange avec une Intelligence Artificielle et du Témoignage "Tin-n-Ouahr. Les silences d'un auteur".

Je vous en souhaite une bonne lecture !  

nb: This book is also published by me in English and Arabic.

هذا الكتاب منشور أيضاً من قبلي باللغتين الإنجليزية والعربية.

En Voici en exclusivité pour mes chers lecteurs l'Avant-propos et le Prologue de mon nouveau livre. 





Muhammad Jamal El Kadiri

  

 

Al Tariqa El Qadiriyya au Maghreb. Une épopée sans glorification

 

Récit


Avec la participation talentueuse d'Intelligences Artificielles conversationnelles

 

 

El Kadiri publishing


A tous les Tolbas du Maghreb, marchand à pieds avec les caravanes, dans le sillage d’Abdul QadIr El Jilani, le Prince des Saints, afin de propager les enseignements ésotériques d' Al Tariqa El Qadiriyya, par des chemins de traverse...

 

Avant-propos


La narration de ce Récit a été virtuellement confiée à un scribe, attaché au Saint [1]Sidi Abdul Hafidh El Qadiri. Ce Taleb effacé apporte :

   - La Fidélité à la lignée (El Wafa) : Il n'est pas un observateur extérieur. Il est l'ombre d'Abdul Hafidh . Son récit n'est pas un constat, c'est un témoignage de dévotion...

   - La Sacralité de la Plume (El Qalam) : Pour un scribe, l'écriture est un acte de foi quasi-religieux. Chaque mot pesé doit être digne d’Al Tariqa...

 

Par ailleurs :

 

   - Il est  le témoin oculaire itinérant : En l'ayant fait voyager de Bagdad à la Sakia El Hamra oua Oued Edhahab, puis accompagné au retour vers le Hodna, je lui ai permis une légitimité géographique totale. Il a vécu l'exil, semé à tous vents l'enseignement ésotérique de d’Al Tariqa El Qadiriyya et subi l’âpre retour vers l’Est, après l’oppression des colonisateurs ibères...

   - Il est le «Miroir» d'Abdul Hafidh : Puisqu'il est «effacé», il prend juste une petite place. Il laisse toute la lumière au Maître. Il est celui qui écoute ses confidences de nuit, celui qui prépare l'encre, celui qui capte les silences du Saint entre les prêches...

   - Il est l'archiviste de la mémoire : Il justifie parfaitement ma volonté de transmettre, pour ne pas laisser la poussière s'accumuler sur son écritoire de scribe, dans le grenier de notre maison. C'est lui qui a sauvé la [2]Sajara de l'oubli...

 

Ses traits psychologiques caractéristiques sont :

   - Son humilité : Il pourrait commencer par dire qu'il n'est qu'un instrument, un simple qalam entre les mains du destin...

   - Sa fatigue physique ne nuit pas à sa clarté mentale : Le retour vers le Hodna marque la fin d'un cycle. Il écrit à la fin de sa vie, sentant l'urgence de fixer les souvenirs...

   - Sa langue : Contrairement au style peut-être plus «procédurier» de Tchalabi, le narrateur de la Saga romanesque  «Tin-n-Ouahr», ce Taleb peut utiliser une prose plus poétique, [3]El Melhoun, parsemée de références soufies, de critiques acerbes contre des gouvernants ou de métaphores ésotériques liées à l’attrait du désert, à l’aide aux pauvres et à la quête de savoir...

Note importante de l’auteur : Par principe inaltérable, et je l’affirme d’emblée sans ambages, la confrérie El Qadiriyya n’est pas une secte, n’en déplaise aux tenants de la laïcité ! Elle ne conserve pas un listing de ses membres et ne les regroupe pas dans le but de comploter contre quiconque ! Elle n’apporte son obédience à aucun système politique ! Ceux qui arguent qu’elle affirme qu’il faut obéir sans broncher aux autorités, mentent ! Simplement, elle refuse l’anarchie, qui fait souvent le «bonheur» d’un certain type d’autoritarisme, hélas latent dans les pays bridés par le néocolonialisme ! A contrario, certains «[4]cénacles» modernes se réclamant d’elle, pour faire allusion à un ancrage historique, et prônant l’élitisme, glorifient plutôt les sultans et aiment à s’afficher outrageusement avec les puissants de ce monde...

Ceux qui recherchent, à tort ou à raison, une réelle paternité avec le Prince des Saints, doivent d’abord comparer leur ADN avec ceux des habitants de Jilan, belle et prospère région de l’ancienne Perse où est né ce prodigieux prédicateur, qui aidait les gens dans un besoin matériel ou spirituel, et qui espérait qu’il n’y ait plus aucune précarité humaine sur la Planète Terre...

Pour conclure cette modeste entrée en matière sur la confrérie El Qadiriyya, dont j‘ai l’insigne honneur d’être issu, j’estime, quant à moi, que la seule paternité idéologique à rechercher parmi d’érudits soufis d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, est… juste spirituelle !

Par ailleurs, il est primordial d’affirmer que toute ressemblance étrangère, avec des personnes vivantes ou mortes dans le texte de ce récit, ne serait que purement fortuite et ne pourrait par conséquent prêter à équivoque.



[1] Chef de la confrérie Al Qadiriyya au Hodna, à El Jar, aux contreforts du Djebel Boutaleb

[2] Lignée ou arbre généalogique

[3] Mot arabe qui regroupe toute la poésie populaire maghrébine, qu’elle soit citadine, rurale ou nomade

[4] En littérature, à titre péjoratif, réunion d’un nombre restreint de pseudo-intellectuels, liés à des officines obscures

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Prologue

 

 

Mon nom est Abdul Qadir Ibn [1]El Mansour, un membre parmi tant d’autres de la lignée des Qadirites. Un homme dont l’ombre s’est confondue, des décennies durant, avec celle de mon Maître, Sidi Abdul Hafidh El Qadiri. On m’appelle le plus souvent [2]El Kateb, et c’est une charge honorifique que je porte avec plus de fierté que n’importe quel autre titre, car elle signifie que mes mains ont eu la [3]Baraka inouïe de recueillir le souffle de la parole du saint homme, afin de la transmettre à nos générations futures...

Tout avait commencé pour moi à Bagdad. Je me revois encore, assis à l’ombre de ses voûtes séculaires, alors que le tumulte de la cité n’était pour nous qu’un murmure diffus, ne couvrant pas les préparatifs de notre expédition et l’imminence de notre départ pour la lointaine [4]Ifriqiya... C’est là, dans cette ville de science et de saints, que j’ai taillé pour la première fois mon qalam, qui allait devenir l’instrument sacralisant notre destinée...

Je me souviens de l’odeur de l’[5]encre fraîche et du [6]grain du parchemin, tandis que Sidi Abdul Hafidh tournait déjà son regard vers l’horizon du sud-ouest, vers cette [7]Sakia El Hamra oua Oued Edhahab, tant languis, alors que nous attendaient, tout au long de notre parcours, un sable brulant, des pierres acérées et l’épreuve douloureuse d’un voyage plein de périls...

Je ne savais pas alors que ce qalam me suivrait du cœur de l’Orient jusqu’aux rivages de l’Atlantique, pour finir sa course ici, sur les riches terres céréalières du Hodna, aux contreforts du Djebel [8]Boutaleb...

On dit que l’architecture historique d’une Sajara est faite pour être transmise, qu’elle est un pont jeté entre les âges, afin que la mémoire ne s’égare pas dans les greniers poussiéreux de l’oubli. Voici donc ce que mes yeux ont vu et ce que mon qalam a retenu, afin que le récit de notre périple soit préservé, comme une promesse tenue pour nos jeunes de la postérité...

Bagdad n'était pas seulement une grande ville, c'était un vertige... Pour un homme de plume comme moi, elle ressemblait à un livre ouvert dont les pages auraient décrit les ruelles boutiquières, les enluminures des portiques et les dômes bleutés des mosquées, se reflétant sur les eaux paresseuses du Tigre...

Le soir, quand l’appel du muezzin s’élevait, il semblait ricocher sur chaque brique de terre cuite, chaque porte cloutée, portant derrière elle le savoir des siècles passés... Nous vivions dans l’enceinte sacrée de la connaissance, entre le parfum du cuir des reliures, celui des fragrances des épices et des fruits murs, s'échappant des souks. Mais sous cette splendeur, je sentais chez mon maître une impatience fébrile... Sidi Abdul Hafidh ne marchait pas dans Bagdad en vacancier, mais en homme qui vient puiser à la source l’enseignement de ses maitres, avant de creuser son propre puits de savoir pour ses disciples...

Le jour du départ, le soleil n’était pas encore tout à fait levé que déjà l’air vibrait d’une solennité particulière. Nous nous tenions devant le mausolée de Moulay Abdul Qadir El Jilani, le Prince des Saints. L’air était chargé d’effluves de musc, de jasmin et de cire d'abeille...

Les descendants du Saint, drapés dans leurs distinctions vestimentaires brunes, faites de laine grossière qui identifie les soufis, dépouillées de tout apparat sentencieux, firent cercle autour de mon maître. Le silence qui s'installa était si dense qu'on aurait pu y graver des versets... Tous posèrent leurs mains droites sur son épaule droite, un geste de transmission des anciens d’Al Tariqa, autant que d'adieu... Ce n'était pas une simple séparation, c'était comme le cérémonial rituel d’une investiture... Ils lui confiaient une étincelle de leur secret pour qu'il aille en éclairer le Maghreb et le Sahara...

«Pars, Abdul Hafidh, murmura le plus âgé, la barbe blanche comme de la neige et douce comme de la soie... Le chemin sera long, mais ton cœur en connaît déjà l'arrivée... »

Je me tenais un peu en retrait, mon sac de voyage contenant notamment mes qalams, mes fioles d’encre et liasses de papyrus, précieusement protégés. La caravane nous attendait à la porte Ouest de la ville. Les chameaux blatéraient, impatients, et le bruit des sabots de nos chevaux sur les pavés crevait déjà le silence de l'immensité du désert...

Quand mon maître se retourna vers moi, son regard avait d'une étrange clarté :

«Abdul Qadir, me dit-il ! As-tu bien rangé ton écritoire ? Car à partir d'aujourd'hui, le sable et les pierres seront nos seuls compagnons, jusqu'à ce que nous trouvions notre terre d’élection... » 

Je hochai la tête, incapable de parler. Nous franchîmes l’enceinte de la cité alors que les premiers rayons du soleil naissant illuminaient ses coupoles dorées. Derrière nous, Bagdad restait dans sa gloire... Devant nous, c’est l'inconnu du Maghreb et du Sahara qui nous appelait, guidé par cette baraka que nous emportions avec nous comme un trésor invisible...

Le Poids de l'Encre

Je me souviens, comme si c’était hier, de cette première nuit dans le désert, après une dizaine de lieues de parcours depuis le franchissement des remparts de [9]Madinat al-Salam. Le silence n'était plus celui des bibliothèques, mais celui, immense et dévorant, de l'horizon lointain du sud-ouest. Sidi Abdul Hafidh s'était assis à l'écart, ses yeux fixant les premières étoiles, comme des joyaux phosphorescents de sagesse ancienne de ses maitres...

Il m'appela d'un geste :

«Abdul Qadir, dit-il en désignant mon écritoire... Viens... Ce que tu vas inscrire ici n'est pas fait de simples mots... C'est comme un sang palpitant qui ne sèche jamais... Un jour, alors que les murs de Bagdad seront si loin derrière nous, et que les pierres de tout le Maghreb, le sable du Sahara, nous attendront, ce que ton qalam aura fixé restera le seul chemin pour ceux qui naîtront, quand nous ne serons plus que poussière... »

À cet instant, je compris que ma mission dépassait le simple compte-rendu d'un voyage... Chaque lettre tracée était comme une balise jetée vers le futur. Je n'écrivais pas seulement pour mon maître, je transcrivais pour l'enfant qui, un siècle plus tard, dans le fracas d'un monde transformé, chercherait à savoir d'où venait la lumière de son regard...

Ce manuscrit n'est pas un récit de gloire, car toute la Gloire appartient à Dieu seul, mais une épopée de la fidélité... Une promesse que ni le [10]Simoun, ni le [11]Guebli, ne pourront jamais effacer, tant qu'une main, quelque part, accepterait d'en reprendre le flambeau...

Tewfiq El Qadiri n’était pas encore né lorsque ces paroles avaient été transcrites. Il ne le savait pas encore, mais il hérita étrangement de l’écritoire d’Abdul Qadir Ibn El Mansour, après le legs des biens meubles de son défunt père. Un jour, la tablette lui glissa des mains et tomba vers le sol avec un fracas étrange, lorsqu’il avait voulu la ranger à une étagère du grenier. Une trappe sous le plumier s’ouvrit. Il venait de découvrir, ô mon Dieu, 904 feuillets quelque peu jaunis par la patine du temps ! Un trésor scriptural qui brûlerait les mains de ceux qui veulent posséder le monde ! Pour des services secrets, des officines obscures, ces parchemins dénonçaient une trahison historique, une preuve de l'ombre infâme portée sur l'indépendance tronquée du pays. Ils voient en Tewfiq El Qadiri un détenteur de secrets d'État, là où il n'est que le gardien d'un souffle ésotérique...

Mais la véritable clé est ailleurs. Elle réside dans les vers [12]sibyllins de Sidi Abdul Hafidh ...

Un siècle plus tard, Tewfiq El Qadiri, assis sur sa paillasse de conscrit, lors de son instruction militaire, se remémorât les mots du Saint comme on déchiffre une carte céleste :

«Ne crois pas aux articles des journaux, apprêtés au mensonge... »

L'avertissement est clair ! La vérité n'est pas dans le bruit médiatique ou la propagande du pouvoir, mais dans le silence assourdissant de 904 feuillets...

«Que Dieu protège Istanbul, par qui s’apaiseront les cœurs... Hélas, les Roms seront bientôt là... Bienheureux, ô mon Dieu, je ne les verrais point !»

Ici, la géographie se brouille. La «Divine Porte» reste une métaphore de Byzance, le cœur battant de la foi et de la culture. L'arrivée imminente des «gaulois», de l'Occident colonisateur et exterminateur, de la modernité dévorante, ou de l'armée qui, toujours utilisée par délégation, bât tous les pavés qu’on lui commande d’emprunter, n'est pas simplement une menace militaire, c'est une fatalité cyclique... Trois millénaires d’invasions sont déjà passés… A chaque fois, les occupants se sont heurtés à la résistance héroïque des hommes de l’Atlas et ceux de l’Ahaggar...

Le destin de Tewfiq El Qadiri s’était déjà révélé, lorsqu’il était à l’université, à la lumière pâle d’une lampe à pétrole, dans sa mansarde d’étudiant :

«Je suis l'homme qui doit protéger la Divine Porte de notre lignée de l'invasion du treillis kaki et du mensonge institutionnel d’un pouvoir politico-militaire qui a à en redire... Le poème prophétique de notre aïeul n'est pas une simple rime, c'est comme une citadelle imprenable...»

C’est ainsi que j’introduis humblement pour vous, chers lecteurs attentionnés d’hier, d’aujourd’hui et de demain, ce Récit qui, je pense, sort de façon radicale et magistrale des sentiers battus d’«une histoire de quat’sous»...



[1] Le Protégé, l’Aidé de Dieu, parfois voulant dire aussi Le Victorieux, en arabe classique

[2] L’écrivain, le scribe

[3] La bonne fortune

[4] Afrique

[5] Faite avec un mélange de fiel de fer, de sève de chêne et de gomme arabique

[6] En parlant d’un parchemin, pour apprécier son état de surface, sa rugosité et sa texture

[7] Nom séculaire du Sahara Occidental, dénaturé par les colonisateurs, afin de mieux en extirper ses ressources

[8] Tiré de l’arabe : Ou Abou Ettaleb. Père du taleb, celui qui est en quête de science, de savoir (étudiant)

[9] Cité de la Paix

[10] Vent violent, chaud sec, qui n’a pas une direction précise et itérative

[11] Vent chaud et sec du sud-est saharien

[12] Esotériques, énigmatiques, symboliques




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