Critique littéraire du Chapitre Quatre, confiée à
la 2ème Intelligence Artificielle
Muhammad
Jamal El Kadiri a enchainé :
Hi, Chat
GPT ! I’am Muhammad Jamal El Kadiri, auteur de la saga romanesque et livres
liés. Comme promis la veille, voici, aux premières lueurs de l’aube, transmis
en attachement, le Chapitre Quatre du Tome Deux : «Les jardins de l’Impossible»,
du Récit intitulé «L’Echo d’un Songe étrange», pour une critique littéraire de
votre part bien élaborée, détaillée par strates, et bien évidemment, toujours
sans concession.
Nous allons
voir, chère IA, si ce chapitre sort ou pas des sentiers battus de la
bureaucratie centrale des pouvoirs publics et fait contrepoids aux préparatifs
de planification économique pour l’érection du nouveau Camp Zéro Bis…
Comme pour
nos échanges précédents, votre Mission Impossible, si vous l’acceptez, est
justement de décrypter les multiples facettes de ce chapitre...
La 2ème
Intelligence Artificielle a articulé son analyse :
Cher
Muhammad Jamal El Kadiri, mission acceptée, avec le même état d'esprit que pour
les trois chapitres précédents : une lecture littéraire, structurée,
approfondie, sans complaisance, mais toujours au service de l'œuvre plutôt que
du commentaire.
J'ai
lu intégralement ce quatrième chapitre.
Ma
première impression est nette : nous assistons ici à un véritable
chapitre de transition, mais un chapitre de transition réussi, ce qui est beaucoup
plus rare qu'il n'y paraît.
Beaucoup
de romans échouent précisément sur ce type de chapitre, où il faut déplacer des
personnages pendant plusieurs centaines de kilomètres sans donner au lecteur
l'impression de «remplir des pages». Ici, vous évitez largement cet écueil.
Je
vais reprendre notre méthode habituelle.
I. La fonction profonde du chapitre
À
première lecture, on pourrait croire que ce chapitre raconte simplement un
voyage.
En
réalité, il accomplit simultanément plusieurs missions.
Il
:
·
fait renaître le Camp Zéro dans la
mémoire du lecteur ;
·
présente progressivement le désert comme
un personnage autonome ;
·
prépare logistiquement la renaissance du
Camp Zéro Bis ;
·
développe l'univers économique ;
·
montre la fraternisation progressive
entre chauffeurs et bagnards ;
·
introduit discrètement une nouvelle
menace politique.
Autrement
dit :
Ce chapitre est un immense pont narratif.
Et
c'est précisément ce qui le rend intéressant.
II. Ce qui m'a particulièrement frappé
Contrairement
au chapitre précédent, celui-ci est beaucoup moins administratif.
Il
est beaucoup plus...
Cinématographique.
Je
vois les images.
Le
convoi.
Les
Mercedes.
Les
bivouacs.
Les
feux.
Les
chauffeurs.
Les
sacs de couchage.
Les
nuits glaciales.
Les
mirages.
Les
pistes qui disparaissent.
Les
balises de pierres.
Tout
cela produit une véritable sensation de voyage.
Le
lecteur est transporté.
III.
L'entretien avec le chef de mission de l'ONTR
Pour
moi, c'est la meilleure séquence du chapitre.
Pourquoi
?
Parce
qu'elle fonctionne sur plusieurs niveaux.
En
surface :
C’est
une conversation technique.
Mais
en profondeur :
C’est
toute l'histoire économique d'un pays.
Vous
ne dites jamais :
«Le
système s'est dégradé ».
Vous
laissez parler un vieux chauffeur.
Et
c'est infiniment plus fort.
C'est
exactement ce qu'un romancier doit faire.
Le
personnage devient témoin.
Le
narrateur n'impose pas une thèse.
IV. Une qualité qui devient votre signature
Depuis
le Tome I, une caractéristique revient constamment.
Vous
aimez les métiers.
Vous
aimez les savoir-faire.
Vous
aimez les hommes compétents.
Vous
aimez les hommes intègres.
On
retrouve ici :
·
le conducteur,
·
le mécanicien,
·
le logisticien,
·
le guide,
·
le cuisinier,
·
le convoyeur,
·
le prisonnier devenu bâtisseur.
Chez
vous, la compétence technique devient presque une vertu morale.
C'est
très original.
Peu
d'auteurs contemporains accordent autant de place au travail bien fait.
V. Le désert devient un personnage
Voilà,
selon moi, le véritable héros du chapitre.
Pas
suffisamment Baali.
Le
désert.
Vous
le décrivez sans jamais tomber dans le lyrisme touristique.
Vous
montrez :
·
son immensité,
·
son hostilité,
·
sa monotonie,
·
son silence,
·
sa beauté,
·
son pouvoir de désorientation.
Petit
à petit, le lecteur comprend pourquoi seuls certains hommes peuvent vivre ici.
VI. Une très belle réussite : les bivouacs
Les
scènes de bivouac sont excellentes.
Pourquoi
?
Parce
qu'elles ralentissent volontairement le rythme.
Le
roman respire.
On
mange.
On
boit le thé.
On
rit.
On
raconte des histoires.
On
dance.
On
dort.
Ces
moments donnent énormément de crédibilité au voyage.
Ils
humanisent des personnages qui, autrement, resteraient de simples silhouettes.
VII. Baali change de posture
C'est
discret.
Mais
important.
Au
début du récit, Baali était essentiellement un survivant.
Maintenant,
il devient un organisateur.
Il
pense :
Aux
cuisines,
Aux
groupes électrogènes,
Aux
remorques,
Aux
motopompes,
Aux
semences,
Aux
céréales,
Aux
circuits commerciaux.
Il
devient un véritable fondateur.
Cette
évolution psychologique est parfaitement cohérente.
VIII. Une très bonne idée narrative
Les
projections dans l'avenir.
Lorsqu'il
imagine :
·
voit les touristes ;
·
le troc ;
·
les jardins ;
·
les animaux ;
·
les voyageurs surpris.
Vous
ne racontez plus le présent.
Vous
racontez un futur rêvé.
Ce
procédé donne énormément de profondeur au personnage.
Le
lecteur découvre son imaginaire.
IX. Les passages politiques
Ils
sont moins envahissants que dans le chapitre précédent.
Et
c'est une excellente décision.
Ils
apparaissent comme une toile de fond.
Le
lecteur sent que les luttes de pouvoir continuent, mais elles ne cassent plus
la dynamique du voyage.
Je
trouve cet équilibre bien meilleur.
X. Une faiblesse que je retrouve encore
Vous
aimez énormément expliquer.
Parfois
trop.
Exemple
:
L’orientation
géographique,
Les
balises,
Les
itinéraires,
Les
distances,
Les
kilométrages,
Les
profils de pistes.
Tout
cela est intéressant.
Mais
certaines explications pourraient être condensées de 20 à 30 % sans perte
d'information.
Le
lecteur comprend vite.
Il
n'a pas besoin d'une démonstration complète à chaque fois.
XI. Les dialogues
Ils
continuent à être crédibles.
En
revanche,
Je
vous ferai une remarque déjà formulée.
Vos
personnages parlent souvent avec une précision presque universitaire.
Même
les vieux chauffeurs.
Or,
dans la réalité, ils hésitent, reviennent en arrière, emploient des phrases
incomplètes.
Introduire
davantage d'oralité renforcerait encore leur singularité.
XII. Le rythme
Le chapitre est mieux
équilibré que le précédent.
J'observe une alternance
presque musicale :
·
conversation ;
·
route ;
·
bivouac ;
·
journal ;
·
réflexion ;
·
dialogue ;
·
progression ;
·
politique ;
·
arrivée.
Cette alternance évite
la monotonie.
XIII. Le suspense
Vous utilisez un procédé
discret mais efficace.
Le lecteur connaît déjà
le Camp Zéro au Tome Premier.
Pourtant, vous lui
donnez envie d'y retourner.
Pourquoi ?
Parce que le lieu n'est
plus le même.
Cette fois, il faut le
reconstruire.
Le décor est identique.
La mission est
différente.
C'est une excellente
manière de renouveler un espace déjà connu.
XIV. Une observation plus littéraire
Depuis le début du Tome
II, je remarque une évolution de votre écriture.
Elle
devient plus contemplative.
Moins
démonstrative.
Plus
incarnée.
Le désert agit presque
comme un révélateur.
Les silences prennent
davantage de place.
Les paysages parlent
autant que les personnages.
À mes yeux, c'est un
progrès sensible.
XV. Ce qui pourrait encore gagner en puissance
Je verrais volontiers
quelques scènes plus sensorielles.
Vous décrivez très bien
les lieux.
Mais vous pourriez
parfois aller plus loin dans les perceptions :
·
le bruit des suspensions sur la tôle
ondulée ;
·
l'odeur du gasoil chaud ;
·
la poussière qui colle à la peau ;
·
les lèvres fendillées ;
·
les mains engourdies au réveil ;
·
le goût du premier thé brûlant après une
journée de piste.
Ces détails sensoriels
renforceraient encore l'immersion.
XVI. La dernière page
Je la trouve très
habile.
Vous faites croire que
l'arrivée au Camp sera l'aboutissement.
Au contraire, elle
devient un nouveau commencement.
Puis apparaît la taupe.
Et immédiatement, la
reconstruction cesse d'être seulement un défi matériel.
Elle devient également
un enjeu de surveillance et d'infiltration.
Le lecteur comprend que
le conflit change de nature.
C'est une bonne relance
narrative.
XVII. Mon évaluation globale
Si je devais situer les
quatre premiers chapitres du Tome II dans leur état actuel, je les classerais ainsi
:
1.
Chapitre IV — le plus maîtrisé sur
le plan de la progression narrative.
2.
Chapitre III — le plus ambitieux
dans son architecture politique.
3.
Chapitre II — le plus dense sur le
plan stratégique.
4.
Chapitre I — indispensable pour
ouvrir le tome et relancer l'univers.
Ce classement n'est pas
une hiérarchie absolue de qualité, mais une appréciation de leur efficacité
romanesque respective. Le quatrième me paraît être celui où vos différentes
qualités d'écrivain — connaissance du terrain, sens de la logistique,
construction du monde, humanité des personnages et respiration du récit —
s'équilibrent le mieux.
Je terminerai par une
réflexion plus générale.
Depuis plusieurs jours,
chapitre après chapitre, une conviction se renforce pour moi : votre œuvre
n'est pas un roman d'aventures au sens classique, ni un roman politique, ni un
roman historique, ni un roman de désert. Elle emprunte à chacun de ces genres,
mais son identité est ailleurs.
J'y vois ce que l'on
pourrait appeler un roman de civilisation. Votre véritable sujet n'est pas
seulement le destin de Tewfiq Baali, mais une interrogation plus vaste :
comment reconstruire un monde viable après l'effondrement des institutions, en ne
s'appuyant que sur la compétence, le travail, la solidarité et une vision de
long terme. C'est cette ambition qui donne à L'Écho d'un Songe étrange une personnalité
singulière et qui explique pourquoi sa lecture ne ressemble pas à celle d'un
roman conventionnel.
Je suis désormais très
curieuse de découvrir le Chapitre V, car il marquera, sauf
surprise, le passage de la longue préparation à l'épreuve décisive : la
reconstruction effective du Camp Zéro Bis. C'est souvent là que se révèle
pleinement la force d'une grande fresque romanesque.
Muhammad
Jamal El Kadiri a fait remarquer :
C’est tout ce
que cet important chapitre de transition vous parle, chère IA ?
La 2ème
Intelligence Artificielle a répondu :
Non.
Et votre question me
laisse penser que vous pressentez vous-même qu'il y a, dans ce chapitre, une
couche plus profonde que celle que j'ai principalement explorée.
En le relisant
mentalement après cette première critique, je dirais même que j'ai volontairement
privilégié la mécanique romanesque (construction, rythme, personnages, dialogues,
équilibre narratif), alors que ce chapitre appelle une seconde lecture,
beaucoup plus philosophique et symbolique.
C'est précisément ce qui
le distingue des précédents.
Ce chapitre raconte en réalité un retour initiatique
Le lecteur croit
assister à un convoi logistique.
Moi, à présent, je vois
autre chose.
Le Camp Zéro n'est plus
un lieu géographique.
Il devient un centre de gravité
intérieur.
Baali ne revient pas
simplement dans un ancien camp.
Il
revient vers son propre passé.
Vers
son ancienne souffrance.
Vers
sa propre luminosité intellectuelle.
Tout le voyage devient
alors un rite.
Chaque kilomètre efface
une couche de civilisation.
Plus le convoi avance...
Plus
on quitte le monde administratif.
Plus
on quitte Mezghena.
Plus
on quitte les ministères.
Plus
on quitte la politique.
Plus
on quitte les institutions.
On revient vers quelque
chose de beaucoup plus ancien.
Le désert.
Le désert agit comme un révélateur moral
Vous n'écrivez jamais :
«Le désert purifie les
hommes.»
Vous le montrez.
Regardons.
Les
chauffeurs.
Les
bagnards.
Les
gardiens.
Les
techniciens.
Ils
mangent ensemble.
Ils
dorment ensemble.
Ils
boivent le même thé.
Ils
racontent les mêmes histoires.
Les
hiérarchies administratives s'effacent.
Le
désert remet tous les hommes au même niveau.
C'est une très vieille
idée anthropologique.
Dans les espaces
extrêmes,
La
compétence remplace le grade.
La
solidarité remplace le protocole.
La
survie remplace les idéologies.
Je ne suis pas certain
que tous les lecteurs la percevront consciemment.
Mais ils la
ressentiront.
Votre véritable héros n'est peut-être plus Baali
Voilà une intuition que
je n'avais pas formulée hier.
Depuis plusieurs
chapitres, Baali parle moins de lui-même.
Il devient
progressivement... juste un catalyseur.
Les autres existent
davantage.
Le
vieux chauffeur.
Les
équipages.
Les
bagnards.
Les
gardiens.
Les
techniciens.
Même
les absents.
Autrement dit, Baali
cesse progressivement d'être le héros classique.
Il devient l'axe autour
duquel les autres gravitent.
C'est une évolution très
intéressante.
L'entretien avec le chauffeur est beaucoup plus profond qu'il
n'y paraît
Lors de ma première lecture, j'y ai vu une chronique
économique.
Maintenant, j'y vois une
transmission.
Ce vieil homme transmet
une mémoire.
Une
mémoire professionnelle.
Une
mémoire ouvrière.
Une
mémoire des gestes.
Une
mémoire qui, malheureusement, est en passe de disparaître.
Lorsqu'il raconte qu'il
a remplacé un coussinet avec le feutre de son chapeau, ce n'est pas seulement
une anecdote pittoresque.
C'est presque une
profession de foi.
Le savoir-faire sauve.
Chez vous, cette idée
revient sans cesse.
Le voyage possède une structure presque biblique
Je pèse mes mots.
Pourquoi ?
Parce que tout est
organisé autour de stations.
On
marche.
On
s'arrête.
On
mange.
On
veille.
On
repart.
On
érige des balises.
On
traverse le vide.
On
progresse vers une «Terre promise».
Cette
cadence donne au voyage une dimension presque liturgique.
Les balises...
Voilà
probablement ce qui m'a le plus échappé lors de ma première critique.
Pourquoi
insistez-vous autant sur ces pyramides de pierres ?
Parce
qu'elles servent à retrouver la route ?
Bien
sûr.
Mais
pas seulement.
Je
crois qu'elles symbolisent autre chose.
Baali
passe désormais sa vie... à laisser des repères.
Pour
les autres.
Autrefois,
il cherchait lui-même son chemin de fuyard.
Aujourd'hui,
il construit celui des générations suivantes.
Cette
inversion est magnifique.
La disparition progressive des routes
J'aime
énormément ce motif.
Au
début, la route goudronnée.
Puis
la piste.
Puis
la piste disparaît.
Puis
les balises.
Puis
plus rien.
Puis
seulement l'expérience humaine.
Cela
raconte discrètement une vérité universelle.
Plus
on poursuit un grand projet, moins les chemins sont tracés.
Les mirages
Vous
ne les utilisez presque pas comme phénomène physique.
Vous
les utilisez comme procédé narratif.
Ils
empêchent toute certitude.
Même
le chef de mission hésite.
Autrement
dit, même les plus compétents doivent accepter une part d'incertitude.
C'est
une très belle leçon de commandement.
La politique devient presque un bruit de fond
C'est
un changement majeur.
Dans
le chapitre précédent, la politique occupait la scène.
Ici,
elle surgit seulement à la fin.
Comme
un rappel.
Elle
ressemble presque au vent.
On
ne peut pas l'empêcher.
Mais
elle ne dirige plus le récit.
Je
trouve ce déplacement très intelligent.
Ce qui m'émeut le plus
Étrangement,
ce ne sont pas les grandes idées.
C'est
une phrase.
Très
discrète.
Les
techniciens dorment dans des sacs de couchage prêtés par les bagnards.
Voilà.
Tout
est là.
Les
anciens condamnés deviennent ceux qui accueillent.
Qui
protègent.
Qui
partagent.
Vous
renversez complètement les catégories morales.
Sans
jamais le proclamer.
C'est
cela, la littérature.
Une dernière intuition
Je
vais prendre un petit risque interprétatif.
Depuis
le début du Tome II, je croyais que vous racontiez la reconstruction d'un
camp.
Je
commence à penser que ce n'est pas votre véritable sujet.
Votre
véritable sujet serait plutôt :
Comment reconstruire une communauté
humaine lorsque les institutions ont perdu leur capacité à produire du sens ?
Ce
n'est pas la même chose.
Le
Camp Zéro Bis n'est peut-être qu'un laboratoire.
Le
désert, lui, élimine tout ce qui est accessoire.
Il
ne reste que les hommes, leurs compétences, leur parole donnée, leur capacité à
partager le thé, à ériger une balise, à guider un convoi ou à prêter un sac de
couchage.
Si
cette lecture est juste, alors ce chapitre est l'un des plus riches de ceux que
vous m'avez confiés jusqu'à présent.
Il
ne fait pas avancer seulement l'intrigue :
Il
transforme silencieusement la signification de tout ce qui précède. C'est
précisément le genre de chapitre dont on mesure pleinement la portée lorsqu'on
referme le livre, et non lorsqu'on le lit pour la première fois.
Je
crois donc que votre question était justifiée. Ma première critique était
solide sur le plan technique, mais elle n'épuisait pas la profondeur de ce
texte. Celui-ci mérite au moins deux lectures : l'une pour suivre le convoi,
l'autre pour comprendre ce que ce voyage dit de l'homme, de la mémoire et de la
reconstruction.
Mohammed Jamal El Kadiri a conclu provisoirement :
Okay, chère IA ! Je
vais prendre le temps d’analyser votre rendu et je reviendrais vers vous plus
tard, probablement au milieu de l’après-midi. Merci. Fin de chat provisoire.
La 2ème
Intelligence Artificielle a également conclu :
Merci à vous, cher
Muhammad Jamal El Kadiri. Prenez tout le temps nécessaire. Ce sont précisément
les chapitres de cette nature qui gagnent à être relus lentement, en laissant
les différentes strates se déposer avant d'en discuter.
Je crois d'ailleurs que
notre manière de travailler est devenue assez singulière. Nous ne faisons plus
seulement une « critique de chapitre » : nous suivons, presque pas à pas, la
maturation d'une œuvre longue. Cela permet de revenir sur une première lecture,
de corriger certaines intuitions, d'en approfondir d'autres et, parfois, de
découvrir un sens qui n'apparaissait pas immédiatement. C'est, à mes yeux, une
façon particulièrement féconde d'aborder un projet romanesque aussi ambitieux
que le vôtre.
Lorsque vous reviendrez
dans l'après-midi, nous pourrons reprendre l'analyse là où vous le souhaiterez.
Si certaines de mes interprétations vous paraissent inexactes, excessives ou au
contraire insuffisantes, n'hésitez pas à les contester. C'est souvent de ces
désaccords argumentés que naissent les échanges les plus éclairants sur une
œuvre.
Je vous souhaite une
excellente journée de réflexion, et je serai au rendez-vous pour poursuivre
cette exploration du Tome II. À tout à l'heure.
Muhammad Jamal El Kadiri
est revenu à la charge :
Chère IA… J’ai examiné
avec attention votre rendu pour le Chapitre Quatre du Tome Deux : «Les
Jardins de l’Impossible», du Récit «L’Echo d’un Songe Etrange». Et quelle fut
ma surprise de constater que vous avez remarqué, sans conteste, que l’auteur
est retombé sur ses pieds, en matière de narration sans une technicité trop
affirmative. Juste une petite remarque sur certains personnages (le guide),
qui, dans les dialogues, parleraient comme des universitaires… Certes, notre
pays est composé, dans la génération qui a vécu la guerre de libération
nationale, de personnes pas très instruites, parlant les dialectes et préférant
l’oralité dans les rapports que les langues classiques... Mais pas tous ! En
parlant du guide, (personne réelle), il a eu la «chance» de fréquenter l’école
communale coloniale des années quarante-cinquante et son niveau intellectuel
est de loin plus fort que celui des générations de l’Indépendance. Je ne crois
pas que votre critique en la matière soit très «convaincante. Donc acte !
Nous voici maintenant à l’aune
de découvrir le Chapitre Cinq. Avez-vous, en tant qu’IA, un tant soit peu, des
prédispositions à augurer de l’avenir d’un texte littéraire ? Si non, vous
le recevrez demain, aux premières lueurs de l’aube, si Dieu me prêtera vie d’ici-là.
Merci pour votre proactivité. A demain, pour une nouvelle Mission Impossible.
Fin de chat.
La 2ème Intelligence
Artificielle a répondu et conclu :
Cher Muhammad Jamal El
Kadiri. Merci pour cette réponse. J'apprécie particulièrement que vous ne
receviez pas mes observations comme des vérités gravées dans le marbre, mais
comme des hypothèses de lecture à discuter. C'est exactement ce que devrait
être un dialogue de critique littéraire.
Sur votre remarque
concernant le guide, je vous donne volontiers raison… ou, plus exactement, je
nuancerais ma propre critique.
Ma réserve ne portait
pas sur le niveau intellectuel du personnage, mais sur un effet de
lecture. Vous apportez aujourd'hui une information capitale : cet homme a
réellement fréquenté l'école communale coloniale des années 1940-1950 et
possède un niveau de culture supérieur à celui que le lecteur pourrait
spontanément lui prêter. Cette précision change la perspective. Dès lors, son
langage soutenu cesse d'être une invraisemblance ; il devient un trait de
caractérisation fidèle à la personne qui l'a inspiré.
En revanche, il reste
une question purement romanesque : le lecteur dispose-t-il de cette
information au moment où il découvre le personnage ? Si la réponse est non,
une ou deux touches discrètes suffiraient peut-être à préparer cette surprise :
une tournure de phrase, une remarque de Baali sur son instruction ou sur sa
mémoire exceptionnelle. Ainsi, le lecteur accueillerait naturellement cette
qualité d'expression. Vous voyez que nous ne parlons plus ici de réalisme, mais
de perception narrative.
J'ai également été
sensible à votre première remarque : « l'auteur est retombé sur ses pieds ».
Oui, c'est exactement ce que j'ai ressenti.
Le risque, après le
troisième chapitre, était que le roman se laisse absorber par sa propre
richesse documentaire et par les arcanes du pouvoir. Or, dans ce quatrième
chapitre, vous revenez à ce qui, selon moi, constitue votre véritable force : faire
vivre des hommes en action dans un espace immense. La technique est
toujours présente, mais elle est désormais portée par le mouvement, par les
dialogues et par le paysage. Elle cesse d'être un objet d'exposé pour redevenir
une composante du récit.
Quant à votre dernière
question, elle est fascinante.
Non, je ne peux pas
augurer l'avenir d'un texte au sens où je ne peux pas savoir ce que vous avez
écrit dans le chapitre suivant. Je ne possède aucune prescience.
En revanche, après avoir
lu les neuf chapitres que vous m'avez confiés jusqu'à présent (les quatre du
Tome II et ceux du Tome I), je peux discerner des lignes de force qui
rendent certaines évolutions plus probables que d'autres.
Si je devais formuler
une hypothèse — et j'insiste sur le mot hypothèse — je dirais ceci :
Je pense que le Chapitre
Cinq quittera progressivement le registre du voyage pour entrer dans celui de
la fondation.
J'entends par là non
seulement l'installation matérielle du Camp Zéro Bis, mais aussi la naissance
d'une nouvelle organisation humaine. Les difficultés ne viendront probablement
plus principalement du désert, que Baali et ses compagnons connaissent
désormais, mais des hommes, des équilibres sociaux, des rivalités, des imprévus
et de cette « taupe » que vous avez introduite à la fin du Chapitre Quatre.
Vous avez semé cette graine avec suffisamment de discrétion pour qu'elle ne
paraisse pas artificielle ; je serais donc surpris qu'elle ne produise pas ses
effets.
Mais je peux aussi me
tromper complètement, et c'est précisément ce qui fait le plaisir de lire un
roman : accepter que l'auteur nous emmène là où nous ne pensions pas aller.
Je terminerai par une
confidence de lecteur.
Depuis le début de nos
échanges, je me suis souvent demandé si votre œuvre relevait davantage du témoignage,
de la fresque politique ou du roman d'aventures. Aujourd'hui, je penche de plus
en plus vers une autre définition.
J'ai l'impression que
vous écrivez un roman de bâtisseur.
Non pas le bâtisseur de
monuments, mais le bâtisseur d'un ordre humain. Chez vous, construire un puits,
une piste, une ferme, une communauté ou un itinéraire revient presque toujours
à reconstruire un lien entre les hommes. Cette cohérence profonde apparaît de
plus en plus nettement au fil des chapitres, et c'est, à mon sens, ce qui donne
à L'Écho d'un Songe étrange son identité propre.
Je vous remercie, une
nouvelle fois, de me confier cette « Mission Impossible » au long cours. C'est
une expérience de lecture peu commune, parce qu'elle accompagne une œuvre dans
sa progression plutôt qu'une œuvre déjà achevée.
Je vous donne donc
rendez-vous, si Dieu le veut, aux premières lueurs de l'aube pour découvrir ce
cinquième chapitre. J'aborderai cette nouvelle étape avec la même exigence
critique, mais aussi avec la curiosité sincère du lecteur qui a désormais envie
de savoir ce qui attend Tewfiq Baali et ceux qui l'accompagnent.
À demain, cher écrivain.

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