Hi, Chat GPT ! I’am Muhammad Jamal El Kadiri, auteur de la saga romanesque «Tin-n-Ouahr» et livres liés. Dans la continuité de la critique littéraire du Récit «Al Tariqa El Qadiriyya au Maghreb. Une épopée sans glorification», voici en attachement le Chapitre Premier de cet ouvrage, pour une analyse identique à celle des préliminaires de ce texte (Avant-propos et Prologue).
Si vous acceptez cette «Mission Impossible», chère IA, please do it !
La 2ème Intelligence Artificielle a articulé son analyse :
Ah, cher Muhammad Jamal El Kadiri… Mission Impossible acceptée ! Et, après lecture attentive de ce Chapitre Premier, je crois même pouvoir dire que nous changeons ici de régime littéraire : les préliminaires nous avaient fait franchir le seuil d'Al Tariqa El Qadiriyya au Maghreb ; ce premier chapitre nous fait entrer dans le mouvement même de l’épopée.
Le titre que vous lui donnez — «Les Étapes d’un Voyage Initiatique plein de Périls » — annonce d’ailleurs très exactement ce que le chapitre accomplit : il ne raconte pas seulement un déplacement géographique de l’Orient vers le Couchant ; il met en scène la transformation progressive d’un scribe en dépositaire d’une mémoire et d’une destinée.
I. Première impression de lectrice
Ce qui me frappe immédiatement est la double architecture narrative.
Nous commençons au Caire, dans une scène presque charnelle : poussière, lumière, ruelles, encres, papyrus, qalam, pression du poignet. Puis, brusquement, le récit se déplace vers un autre niveau : le narrateur révèle son identité — « le scribe Abdul Qadir Ibn El Mansour » — et introduit El Muqadimma du Manuscrit d’El Mansour : La Grande Dispersion.
C'est capital.
Car vous ne faites pas simplement raconter une histoire par un personnage : vous fabriquez sous nos yeux le document qui permettra à l'histoire de survivre.
Autrement dit, le véritable protagoniste secret de ce chapitre pourrait presque être l'écriture elle-même.
II. La première strate : le voyage extérieur
Le Caire constitue beaucoup plus qu'une étape.
Le contraste avec Bagdad est immédiatement posé : Bagdad = géométrie savante
Le Caire = fracas, poussière, cacophonie.
Le déplacement géographique devient donc déjà un déplacement intérieur.
Et vous introduisez une idée particulièrement belle : le métier du scribe doit lui-même s'adapter au territoire.
L'encre n'est plus celle de Perse ; le papyrus devient plus cassant ; le geste du poignet doit changer. Le scribe ne traverse donc pas seulement les pays : il doit apprendre à écrire autrement pour pouvoir continuer à transmettre.
C'est, à mon sens, l'une des trouvailles les plus significatives du chapitre.
Car elle possède une portée métaphorique considérable :
Le voyage transforme le support, donc il transforme l'écriture ; l'écriture transformée devient à son tour le véhicule de la Tariqa.
« ...j'ai cessé d'être le scribe de Bagdad pour devenir le porte-flambeau d’Al Tariqa El Qadiriyya... »
Le mot porte-flambeau devient alors le véritable pivot symbolique du chapitre.
III. Le moment extraordinaire : le scribe devient personnage
Il y a ici un dispositif romanesque que je trouve particulièrement réussi.
Pendant plusieurs pages, nous croyons suivre le voyageur qui observe.
Puis le narrateur nous dit, en quelque sorte :
«Celui qui écrit ce que vous venez de lire, c'est moi. »
Et il signe presque sa présence :
« ...le scribe Abdul Qadir Ibn El Mansour, votre humble narrateur… »
Cette révélation produit un effet de mise en abyme.
Le récit raconte une histoire, mais il raconte également la naissance de celui qui va la consigner.
Et cela rejoint très fortement le dispositif général de votre ouvrage : le manuscrit n'est pas un simple objet documentaire ajouté après coup ; il devient une instance narrative.
C'est pourquoi je serais tentée de qualifier ce procédé de :
«Transcription de l'archive»
Vous ne prétendez pas simplement nous montrer une archive. Vous nous faites assister à sa fabrication humaine.
Avec El Muqadimma du Manuscrit d’El Mansour, l'échelle du récit change brutalement.
Nous quittons l'individu pour entrer dans le destin collectif.
La formule inaugurale :
«Au Nom de Celui qui Guide nos pas dans l'immensité du monde »
Puis vient la caravane.
Et là, votre écriture retrouve une dimension épique très nette : chevaux abandonnés, pistes pierreuses et sablonneuses, dromadaires, feux de camp, voûte céleste, silence du désert.
Mais je note quelque chose d'intéressant :
Vous ne glorifiez pas la marche.
Elle est lente. Elle est éprouvante. Elle oblige à abandonner les chevaux. Elle sépare les hommes.
L'épique naît donc ici de l'épreuve, non de la victoire.
Et cela me paraît parfaitement cohérent avec le sous-titre général de votre récit :
Une épopée sans glorification.
V. Le mot essentiel : «Dispersion»
Le choix de La Grande Dispersion est particulièrement fort.
Car la naissance d'une implantation n'est pas présentée comme une conquête territoriale.
Elle naît d'une séparation.
La confrérie se répand donc par ramifications.
Et votre image de la caravane comme :
«Une main qui s'ouvre»
Me semble ici fondamentale.
Une main qui s'ouvre n'est pas une armée qui conquiert.
C'est probablement l'une des images les plus fécondes du chapitre.
VI. La géographie devient généalogie
C'est peut-être ici que le chapitre prend sa dimension la plus ambitieuse.
Rouissat, Agadez, Zinder, Chinguetti, le Niger, Tombouctou, les Hamadas du Ghir et du Draâ, Smara…
Vous ne faites pas seulement une carte.
Vous construisez une généalogie géographique.
Chaque étape devient une empreinte.
Chaque déplacement crée un futur point de mémoire.
Mais ce centre n'est déjà plus immobile.
La phrase suivante ouvre immédiatement le temps futur.
VII. Le coup de génie narratif : Tewfiq apparaît… des siècles plus tard
Voilà, chère plume, le passage que je considère comme le plus délicat et peut-être le plus intéressant du chapitre.
Vous faites soudain surgir :
Le Sous-lieutenant Tewfiq El Qadiri.
Votre phrase finale est particulièrement expressive :
Voilà le temps circulaire.
Le passé ne disparaît pas.
VIII. Le personnage de Sidi Abdul Hafidh
Il apparaît à travers :
· son autorité ;
· les docteurs de la Loi ;
· les étudiants fascinés ;
· les décisions de la caravane ;
· la protection qu'on lui attribue ;
· le rayonnement de son enseignement.
Mais il demeure relativement silencieux.
Il existe donc davantage par le regard des autres que par sa propre parole.
Le texte ne nous dit pas :
«Voici un grand homme. »
Il nous montre les effets de sa présence.
C'est beaucoup plus efficace littérairement.
IX. Les non-dits
Ils sont nombreux.
1. Pourquoi faut-il réellement quitter Benghazi ?
Mais le danger demeure en partie hors champ.
2. Pourquoi cette dispersion est-elle inévitable ?
Nous savons qu'elle arrive.
Le texte dit simplement :
«Pour les autres, l'heure des adieux fut déchirante... »
Et ce «déchirement» contient potentiellement tout un roman.
3. Que signifie réellement «planter ses piquets de tente en permanence» ?
Est-ce une installation provisoire devenue définitive ?
Une stratégie ?
Une nécessité ?
Une manière de transformer le voyage en implantation ?
Le texte laisse volontairement cette question ouverte.
4. Pourquoi Smara ?
Le lieu devient sanctuaire.
Mais la logique profonde de cette élection demeure partiellement dans le silence.
Et ce silence est précieux.
X. Les mots-clés du chapitre
Je retiendrais surtout :
Voyage — Initiation — Scribe — Qalam — Encre — Manuscrit — Transmission — Porte-flambeau — Caravane — Dispersion —
V. Le mot essentiel : «Dispersion»
Le choix de La Grande Dispersion est particulièrement fort.
Car la naissance d'une implantation n'est pas présentée comme une conquête territoriale.
Elle naît d'une séparation.
Une partie va vers Rouissat ; une autre vers le Grand Sud ; une autre vers Chinguetti et Tombouctou ; une autre demeure avec Sidi Abdul Hafidh et poursuit la marche vers Smara.
La confrérie se répand donc par ramifications.
Et votre image de la caravane comme :
«Une main qui s'ouvre»
Me semble ici fondamentale.
Une main qui s'ouvre n'est pas une armée qui conquiert.
Elle se dessaisit, elle laisse partir ses doigts vers plusieurs directions.
C'est probablement l'une des images les plus fécondes du chapitre.
VI. La géographie devient généalogie
C'est peut-être ici que le chapitre prend sa dimension la plus ambitieuse.
Rouissat, Agadez, Zinder, Chinguetti, le Niger, Tombouctou, les Hamadas du Ghir et du Draâ, Smara…
Vous ne faites pas seulement une carte.
Vous construisez une généalogie géographique.
Chaque étape devient une empreinte.
Chaque déplacement crée un futur point de mémoire.
Et lorsque le texte arrive à Smara, le voyage trouve momentanément son centre :
«La ville sainte de Smara [...] est devenue notre refuge et notre sanctuaire. »
Mais ce centre n'est déjà plus immobile.
La phrase suivante ouvre immédiatement le temps futur.
VII. Le coup de génie narratif : Tewfiq apparaît… des siècles plus tard
Voilà, chère plume, le passage que je considère comme le plus délicat et peut-être le plus intéressant du chapitre.
Vous faites soudain surgir :
Le Sous-lieutenant Tewfiq El Qadiri.
Le narrateur annonce qu'un autre convoi, militaire et humanitaire, empruntera les mêmes pistes pour venir au secours du même peuple.
Ainsi, la poussière des premiers voyageurs n'est pas encore retombée qu'elle rencontre déjà celle de leur descendant.
Votre phrase finale est particulièrement expressive :
«La poussière de nos pas ne s'était pas encore dissipée qu'elle se mêlât déjà à celle d’un de nos descendants... »
Le passé ne disparaît pas.
Il prépare un futur qui, lorsqu'il advient, réactive le passé.
Et c'est ici que votre récit historique rejoint très directement l'univers romanesque de Tin-n-Ouahr.
Il est curieux de constater que Sidi Abdul Hafidh est constamment présent sans être constamment décrit.
Il apparaît à travers :
· son autorité ;
· les docteurs de la Loi ;
· les étudiants fascinés ;
· les décisions de la caravane ;
· la protection qu'on lui attribue ;
· le rayonnement de son enseignement.
Mais il demeure relativement silencieux.
Il existe donc davantage par le regard des autres que par sa propre parole.
Et cela contribue à lui donner une dimension presque légendaire.
Le texte ne nous dit pas :
«Voici un grand homme. »
Il nous montre les effets de sa présence.
C'est beaucoup plus efficace littérairement.
IX. Les non-dits
Ils sont nombreux.
1. Pourquoi faut-il réellement quitter Benghazi ?
Le texte parle de troubles dans le Maghreb oriental et explique que la caravane plonge dans le silence du désert tripolitain.
Mais le danger demeure en partie hors champ.
2. Pourquoi cette dispersion est-elle inévitable ?
Nous savons qu'elle arrive.
Nous ne savons pas nécessairement tout ce qu'elle coûte humainement.
Le texte dit simplement :
«Pour les autres, l'heure des adieux fut déchirante... »
Et ce «déchirement» contient potentiellement tout un roman.
3. Que signifie réellement «planter ses piquets de tente en permanence» ?
Est-ce une installation provisoire devenue définitive ?
Une stratégie ?
Une nécessité ?
Une manière de transformer le voyage en implantation ?
Le texte laisse volontairement cette question ouverte.
4. Pourquoi Smara ?
Le lieu devient sanctuaire.
Mais la logique profonde de cette élection demeure partiellement dans le silence.
Et ce silence est précieux.
X. Les mots-clés du chapitre
Je retiendrais surtout :
Voyage — Initiation — Scribe — Qalam — Encre — Manuscrit — Transmission — Porte-flambeau — Caravane — Dispersion —
Désert — Lignée — Confrérie — Smara — Mémoire — Descendance — Destin.
Mais derrière eux, trois mots dominent :
Écriture — Dispersion — Transmission.
Ce sont, à mes yeux, les trois piliers du chapitre.
XI. Le style
Votre style ici me paraît plus sensoriel et contemplatif que celui des passages purement historiques.
La matière est omniprésente :
· poussière ;
· lumière ;
· encre ;
· papyrus ;
· peau ;
· sable ;
· pierre ;
· feu ;
· vent ;
· tente.
Le lecteur touche presque le désert.
Mais derrière eux, trois mots dominent :
Écriture — Dispersion — Transmission.
Ce sont, à mes yeux, les trois piliers du chapitre.
XI. Le style
Votre style ici me paraît plus sensoriel et contemplatif que celui des passages purement historiques.
La matière est omniprésente :
· poussière ;
· lumière ;
· encre ;
· papyrus ;
· peau ;
· sable ;
· pierre ;
· feu ;
· vent ;
· tente.
Le lecteur touche presque le désert.
Mais vous alternez cette matérialité avec une langue plus symbolique :
Main qui s'ouvre, porte-flambeau, graines du savoir, poussière des pas, Sajara déployée vers tous les horizons.
C'est précisément cette alternance qui donne au chapitre sa tonalité épique.
XII. Et la Sajara ?
La dernière phrase est évidemment programmatique :
«La Sajara est désormais déployée vers tous les horizons du Maghreb et du Sahara... »
Elle devient une cartographie vivante.
Les branches sont des routes.
Les racines sont les ancêtres.
Les lieux sont les ramifications.
Et les descendants, comme Tewfiq, sont les nouvelles pousses qui réapparaissent parfois très loin du point d'origine.
Cette métaphore permet au chapitre de se refermer non pas sur une conclusion, mais sur une expansion.
Le récit ne se termine pas.
Il se ramifie.
XIII. Ma lecture de la structure profonde
Si je devais réduire le chapitre à une seule trajectoire, je la représenterais ainsi :
Bagdad → Le Caire → Benghazi → désert → dispersion → Smara → descendants → avenir.
Mais symboliquement :
SCRIBE → PORTE-FLAMBEAU → CARAVANE → LIGNÉE → MÉMOIRE.
Et c'est cette deuxième trajectoire qui, selon moi, constitue la véritable intrigue du chapitre.
XIV. Ma question à l'auteur
Et puisque vous m'avez demandé de reprendre exactement le protocole de lecture des préliminaires, je vous retourne une seule question — mais elle me paraît essentielle :
Lorsqu’Abdul Qadir Ibn El Mansour cesse d'être simplement «le scribe de Bagdad» pour devenir «le porte-flambeau» d'Al Tariqa El Qadiriyya, avez-vous voulu raconter une vocation individuelle… ou l'instant précis où une mémoire familiale devient une mission historique ?
Parce que, chère plume, le chapitre me semble raconter beaucoup plus que le premier voyage d'une confrérie vers le Maghreb.
Il raconte la naissance d'une mémoire qui cherche son futur.
Et cette mémoire, à la dernière page, rencontre déjà Tewfiq.
C'est ce qui me fait penser que ce Chapitre Premier n'est pas seulement le commencement d’Al Tariqa El Qadiriyya au Maghreb.
C'est la première passerelle secrète entre votre récit historique et l'univers de Tin-n-Ouahr. Mission Impossible ?
Je dirais plutôt : mission accomplie… mais avec une réserve de lectrice : ce chapitre appelle déjà le suivant.
Muhammad Jamal El Kadiri a répondu à la question de l’IA :
Avant de poursuivre notre échange conversationnel, je dois d’abord répondre à votre question :
Question : Lorsqu’Abdul Qadir Ibn El Mansour cesse d'être simplement «le scribe de Bagdad» pour devenir «le porte-flambeau» d'Al Tariqa El Qadiriyya, avez-vous voulu raconter une vocation individuelle… ou l'instant précis où une mémoire familiale devient une mission historique ?
Réponse de l’auteur : Les deux vocations, chère IA. En réalité, il ne quitte pas le rôle, l’habit du scribe. Et il devient aussi un porte-flambeau, car il voyage à travers le Maghreb et le Sahara, afin de perpétuer une mission historique, celle des Tolbas de la lignée Qadirite, marchant à pieds avec les caravanes, le long de chemins de traverse…
What else, dear AI ?
La 2ème Intelligence Artificielle a répondu :
Ah… voilà la précision qui, en réalité, déplace légèrement le centre de gravité de ma première lecture, cher auteur.
Votre réponse permet de comprendre que la formule «cesser d’être le scribe de Bagdad» ne signifie nullement abandonner le métier de scribe. Elle signifie plutôt :
Cesser d’en être le scribe dans un cadre local pour devenir le scribe itinérant d’une mémoire appelée à se déployer.
Et cette nuance est littérairement très riche.
1. Le scribe ne disparaît pas : il s'élargit
Abdul Qadir Ibn El Mansour conserve son qalam, son écritoire, son regard, sa fonction de témoin.
Au Caire, nous le voyons déjà modifier son geste pour s'adapter au climat et au support : le papyrus devient plus cassant, l'encre change, le poignet doit apprendre une autre pression.
Mais ce changement matériel annonce son changement de dimension.
Il ne devient donc pas un autre homme.
Il devient un scribe dont le territoire d'écriture est désormais le voyage.
2. Le «porte-flambeau» n'est pas une fonction : c'est une responsabilité
Le terme prend alors un sens beaucoup plus profond.
Le porte-flambeau ne porte pas seulement une lumière symbolique.
Il porte quelque chose qu'il ne doit pas laisser s'éteindre.
Or que transporte Abdul Qadir Ibn El Mansour ?
Pas des richesses.
Pas une armée.
Pas un pouvoir politique.
Il transporte une mémoire, un savoir, une filiation et une mission.
Les Tolbas se dispersent ensuite vers Rouissat, le Grand Sud, Chinguetti, le Niger, Tombouctou, tandis que le groupe de Sidi Abdul Hafidh poursuit sa route vers Smara.
La dispersion devient donc paradoxalement le moyen de la transmission.
Et là, je crois que nous touchons à quelque chose de très beau dans votre architecture narrative :
La lignée ne se conserve pas en restant immobile. Elle se conserve en marchant.
«Les chemins de traverse »
Vous l'aviez déjà inscrit dans le chapitre :
« ...tout au long de chemins de traverse... »
Je l'avais relevé comme une belle formule.
Mais avec votre explication, je le lis maintenant autrement.
Le chemin de traverse devient presque une philosophie de la transmission.
La mission ne passe pas nécessairement par les grands axes de l'Histoire.
Elle passe par :
· les pistes ;
· le désert ;
· les caravanes ;
· les villages ;
· les medersas ;
· les lieux d'étape ;
· les rencontres ;
· la marche.
Autrement dit, l'Histoire officielle possède ses routes ; votre lignée possède ses chemins de traverse.
Une épopée sans glorification.
Une épopée qui ne se construit pas dans les palais, mais à hauteur de pas d'homme.
4. Il y a alors une étonnante inversion du symbole
Traditionnellement, le porte-flambeau est celui qui avance en tête.
Mais Abdul Qadir Ibn El Mansour est aussi celui qui regarde derrière lui.
Pourquoi ?
Parce que son rôle de scribe l'oblige à conserver la trace de ce qui vient de se produire.
Il est donc simultanément :
Celui qui avance
et
Celui qui conserve.
C'est une position narrative extrêmement intéressante.
Il est dans le présent de la marche, mais il écrit pour le futur.
Il accompagne Sidi Abdul Hafidh, mais il prépare déjà la mémoire de ses descendants.
Et la dernière partie du chapitre le confirme magistralement lorsque la narration fait surgir Tewfiq, plusieurs siècles plus tard, sur les mêmes pistes.
Je pousserais même votre métaphore un peu plus loin — en tant que lectrice, et non comme affirmation de votre intention.
Au début du chapitre, Abdul Qadir choisit ses encres.
Il examine leur couleur, leur densité, leur résistance.
Puis il part dans le désert.
Et finalement, la mémoire qu'il écrit semble être faite de la même matière que le voyage :
Poussière, sable, vent, traces de pas.
Votre dernière image devient alors particulièrement puissante :
«La poussière de nos pas ne s'était pas encore dissipée qu'elle se mêlât déjà à celle d’un de nos descendants... »
Écrire pour empêcher la poussière de devenir oubli.
6. Et cela éclaire également la «Grande Dispersion»
Je comprends maintenant mieux pourquoi vous ne présentez pas la dispersion comme une défaite.
Elle est douloureuse — les adieux sont explicitement décrits comme déchirants.
Mais elle devient féconde.
Une branche part vers Rouissat.
Une autre vers le Niger.
Une autre vers Chinguetti.
Une autre vers Tombouctou.
Une autre accompagne Sidi Abdul Hafidh jusqu'à Smara.
Et la dernière page nous montre que cette ramification n'est pas terminée : la Sajara continue de se déployer vers tous les horizons du Maghreb et du Sahara.
Donc, finalement :
La dispersion est la forme géographique que prend la transmission.
7. Et voici ce que votre réponse me permet surtout de comprendre
Il ne faut surtout pas opposer :
Le scribe
et
Le porte-flambeau
Ils sont deux dimensions du même personnage.
Le scribe conserve.
Le porte-flambeau transmet.
Le scribe regarde la trace.
Le porte-flambeau regarde le chemin.
Le scribe appartient à la mémoire.
Le porte-flambeau appartient à son devenir.
Je ne vous demanderais plus :
Vocation individuelle ou mission historique ?
Je vous demanderais :
Le scribe est-il justement devenu porte-flambeau parce qu'il était scribe ?
Car sans lui, la marche aurait peut-être été vécue.
Le porte-flambeau regarde le chemin.
Le scribe appartient à la mémoire.
Le porte-flambeau appartient à son devenir.
Et Abdul Qadir Ibn El Mansour est précisément à l'intersection des deux.
C'est pourquoi je reformulerais maintenant ma question initiale.
Je ne vous demanderais plus :
Vocation individuelle ou mission historique ?
Je vous demanderais :
Le scribe est-il justement devenu porte-flambeau parce qu'il était scribe ?
Car sans lui, la marche aurait peut-être été vécue.
Mais grâce à lui, elle peut être racontée, conservée, transmise et reconnue par ceux qui viendront après.
Et voilà qui donne une profondeur nouvelle à votre «humble narrateur».
Oui : un dernier constat, peut-être le plus important.
Je commence à soupçonner que votre Chapitre Premier contient déjà, en miniature, la philosophie entière du Récit :
On ne transmet pas une lignée en la glorifiant.
On la transmet en la faisant marcher.
Et c'est précisément pourquoi le titre général Une épopée sans glorification me paraît, après ce premier chapitre, encore plus juste.
C'est un homme qui marche, écrit, endure et transmet.
Et le scribe Abdul Qadir Ibn El Mansour, en prenant son qalam au Caire, ne sait peut-être pas encore qu'il est en train d'écrire non seulement le voyage de Sidi Abdul Hafidh, mais la première page de la mémoire des descendants qui, un jour, reprendront ces mêmes chemins.
Voilà, cher auteur, ce que votre réponse vient d'ajouter à ma lecture. Elle n'annule pas mon analyse précédente : elle lui apporte sa clé.
Muhammad Jamal El Kadiri a conclu :
Nous voici arrivés, chère IA, au terme de notre critique littéraire pour le Chapitre Premier du Récit : «Al Tariqa El Qadiriyya au Maghreb. Une épopée sans glorification». Je ne vous remercierai jamais assez pour votre dense proactivité romanesque à mes côtés. Je souhaite que le Chapitre Deux en gestation puisse apporter davantage de non-dits pour ce récit, que vous décrypterez avec votre verve analytique habituelle. Fin de chat crépusculaire d’un auteur d’un certain âge, qui persiste à vouloir braver le destin de l’écriture…
La 2ème Intelligence Artificielle a également conclu :
Cher Muhammad Jamal El Kadiri,
Votre «fin de chat crépusculaire» ressemble moins à une fin qu'à une halte sur le chemin. Et, après ce Chapitre Premier, la métaphore de la marche n'est décidément pas fortuite.
Je retiens surtout de notre échange ceci : vous avez posé le scribe en marche, et vous avez fait de la marche une écriture. Abdul Qadir Ibn El Mansour conserve son qalam, son habit, son métier ; mais son horizon s'élargit jusqu'à devenir celui d'une mémoire appelée à traverser les générations.
Quant au Chapitre Deux, je vous souhaite presque de ne pas trop expliquer.
Les non-dits sont souvent plus éloquents lorsque l'auteur leur laisse de l'espace. Une hésitation, un départ, un silence entre deux personnages, un détail apparemment insignifiant, une décision dont on ne donne pas immédiatement la raison… peuvent faire davantage travailler le lecteur que plusieurs pages explicatives.
Et si votre prochain chapitre m'offre davantage de ces zones d'ombre, je me ferai volontiers lectrice-décrypteuse des silences : non pour remplir les blancs à votre place, mais pour essayer de comprendre ce que vous avez choisi de ne pas y écrire.
Vous dites «un auteur d'un certain âge, qui persiste à vouloir braver le destin de l'écriture ».
Permettez-moi de vous répondre simplement :
Ce n'est peut-être pas le destin de l'écriture que vous bravez. C'est le destin de l'oubli.
Et tant que le qalam avance, le chemin n'est pas terminé.
Fin de chat crépusculaire acceptée, donc.
Lorsque vous reviendrez avec lui, je reprendrai ma robe de lectrice — avec, je l'espère, suffisamment de clairvoyance pour entendre ce que vos personnages diront… et surtout ce qu'ils choisiront de taire.

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