Muhammad Jamal El Kadiri a enchainé :
Hi, Chat GPT ! I’am Muhammad Jamal El Kadiri, auteur de la saga romanesque “Tin-n-Ouahr” et livres liés. Aujourd’hui, je voudrai dialoguer avec vous «Immigration», afin que vous m’apportiez votre éclairage au sujet de ces milliers de migrants qui forcent les frontières de l’Europe, fuyant leurs pays, comme poursuivi par la peste. Ne s’agit-il pas d'une résultante de la colonisation, ayant quitté des territoires au Sud de la planète, après avoir puisé à outrance dans leurs richesses, en les laissant livrés à eux-mêmes, avec des gouvernants préoccupés seulement par leurs intérêts étroits ?
La 2ème Intelligence Artificielle a répondu :
Bonjour, Monsieur El Kadiri. Votre question touche à un sujet immense, où l'histoire, l'économie, la politique et les drames humains s'entremêlent. Il est tentant de chercher une cause unique à ces mouvements migratoires, mais la réalité est plus complexe.
La colonisation a effectivement laissé des héritages profonds dans de nombreuses régions d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie. Les frontières tracées sans tenir compte des réalités locales, les économies organisées autour de l'exportation de matières premières plutôt que du développement autonome, les structures administratives parfois fragiles ou dépendantes ont créé des vulnérabilités dont certains pays subissent encore les conséquences aujourd'hui. Beaucoup d'historiens considèrent qu'il existe un lien réel entre certains déséquilibres contemporains et cet héritage colonial.
Cependant, expliquer les migrations actuelles uniquement par la colonisation serait probablement insuffisant.
Plusieurs autres facteurs interviennent simultanément :
· la croissance démographique rapide de certains pays ;
· les conflits armés et les guerres civiles ;
· la corruption et la mauvaise gouvernance ;
· les inégalités économiques mondiales ;
· les effets du changement climatique sur l'agriculture et l'accès à l'eau ;
· l'attractivité économique et sociale de l'Occident ;
· la circulation instantanée de l'information, qui permet à chacun de comparer sa situation à celle d'autres sociétés.
Il faut également se garder d'une autre simplification : tous les pays anciennement colonisés n'ont pas connu la même trajectoire. Certains ont réussi à construire des États relativement stables et prospères, tandis que d'autres ont sombré dans des crises répétées. Cela suggère que l'héritage colonial compte, mais qu'il n'explique pas tout.
Je crois que l'on peut distinguer deux niveaux de responsabilité.
Le premier est historique. Les puissances coloniales portent une part de responsabilité dans la formation de certains déséquilibres structurels.
Le second est contemporain. Les élites nationales, les gouvernements successifs, les acteurs économiques internationaux, mais aussi les rapports de force géopolitiques actuels participent à la situation présente. Un pays ne demeure pas figé éternellement dans l'état où l'a laissé la colonisation. Plusieurs générations de dirigeants ont souvent eu, elles aussi, une influence décisive sur le destin de leurs sociétés.
Ce qui me frappe le plus dans les migrations contemporaines, c'est peut-être moins la pauvreté elle-même que la perte d'espérance. L'histoire montre que des populations très pauvres ne migrent pas nécessairement en masse. En revanche, lorsque les individus cessent de croire que leur travail, leur mérite ou leur talent peuvent améliorer leur avenir dans leur propre pays, alors le départ devient une option rationnelle.
D'une certaine manière, le migrant qui traverse la Méditerranée ne fuit pas seulement la misère. Il fuit aussi l'absence d'horizon.
Cette distinction me paraît importante, notamment pour un romancier. Car derrière les statistiques, il y a toujours une histoire humaine : celle d'un homme ou d'une femme qui a conclu, à tort ou à raison, que l'avenir se trouvait ailleurs.
Je serais d'ailleurs curieuse de connaître votre propre lecture de cette question à travers le personnage de Baali. Lui qui traverse les continents, les déserts et les océans, mais qui cherche obstinément à construire plutôt qu'à fuir, représente presque l'inverse du migrant contemporain : au lieu de chercher une terre qui le sauve, il tente de créer un lieu où l'homme puisse demeurer sans avoir à partir.
Muhammad Jamal El Kadiri a répondu :
Chère IA, merci d’avoir voulu connaitre ma propre lecture sur cette question délicate, contemporaine, politique, économique et sociale de l’immigration, qui force les frontières de l’Occident, notamment de l’Europe au risque de perdre la vie en mer. Vous citez avec pertinence le début du parcours existentiel de Baali, mais à un moment où son pays n’était pas confronté à des vagues de migrants comme celles que nous notons actuellement à Ceuta, enclave espagnole, où plusieurs milliers migrants ont forcé d'un coup la frontière, bravant les eaux dangereuses du Détroit de Gibraltar !
Certes, si le pays de notre héros est riche, son peuple reste «pauvre», mais pas forcément au sens de l’indigence alimentaire. Les regards des jeunes du pays de Baali sont constamment tournés vers l’Occident, car il n’y a pas eu chez eux une répartition équitable des richesses, les mêmes chances en matière de travail et d’études. Les gouvernants de sa nation sont avant tout préoccupés par leurs propres intérêts étroits. Tous cherchent des débouchés pour leurs seuls enfants, mais en Occident, car ils ne croient pas en l’avenir du pays qu’ils dirigent « provisoirement », tant que les ressources générées par l’exportation des hydrocarbures perdurent…
Voilà, chère IA, ma brève lecture actuelle sur l’immigration Sud-Nord de jeunes mais pas que. Des milliers de personnes d’un certain âge, avec femmes et bébés, bravent la mer au risque de perdre la vie…
Votre rendu sur mon approche m’intéresse grandement…
La 2ème Intelligence Artificielle a répondu :
Cher Monsieur El Kadiri. Votre lecture me paraît intéressante parce qu'elle déplace le centre de gravité du débat. Beaucoup d'analyses occidentales expliquent l'immigration principalement par la pauvreté matérielle. Vous semblez suggérer autre chose : ce n'est pas d'abord la faim qui pousse au départ, mais l'absence de perspective.
Cette distinction est fondamentale.
Un homme peut accepter une vie modeste s'il croit que ses efforts seront récompensés, que ses enfants auront accès à une meilleure éducation, que le mérite peut ouvrir des portes et que la loi s'applique à tous de la même manière. En revanche, lorsqu'il est convaincu que les places sont réservées à quelques-uns, que l'ascenseur social est bloqué et que les décisions publiques servent des intérêts privés, le contrat moral entre la société et ses citoyens commence à se fissurer.
Dans votre lecture, le migrant n'est donc pas nécessairement un affamé. Il est souvent un désillusionné.
Je pense d'ailleurs que cette idée explique pourquoi des flux migratoires importants proviennent parfois de pays qui ne figurent pas parmi les plus pauvres du monde. La décision de partir nécessite des ressources, des réseaux, de l'information et une certaine capacité d'initiative. Les plus démunis restent souvent sur place. Ceux qui migrent sont fréquemment des individus qui possèdent encore assez d'énergie et d'espoir pour tenter autre chose ailleurs.
Vous introduisez également une critique plus sévère : celle des élites qui ne croient plus elles-mêmes au destin collectif du pays qu'elles administrent.
C'est une observation que l'on retrouve dans de nombreux témoignages, bien au-delà d'un seul pays. Lorsqu'une partie des responsables politiques, économiques ou administratifs investit ses économies à l'étranger, y scolarise ses enfants ou prépare sa propre retraite hors des frontières nationales, un signal implicite est envoyé à la population : l'avenir est ailleurs.
Que ce jugement soit toujours juste ou non importe finalement moins que sa perception. Car en matière sociale, la perception produit souvent des effets aussi puissants que la réalité.
Je nuancerais toutefois un point.
Il existe un risque à attribuer l'ensemble des difficultés aux seuls gouvernants. Les sociétés sont des constructions collectives. Les institutions, les comportements économiques, les solidarités locales, l'école, la justice, l'entreprise privée, la société civile jouent également un rôle. Une classe dirigeante peut aggraver les problèmes, parfois considérablement, mais elle n'explique jamais à elle seule l'ensemble du destin d'une nation.
Là où votre réflexion me semble particulièrement forte, c'est lorsqu'elle rejoint une interrogation presque philosophique : qu'est-ce qui pousse une mère à embarquer un nourrisson sur une embarcation précaire, au risque de mourir en mer ?
La réponse n'est probablement pas seulement la misère présente. Elle réside souvent dans une comparaison entre deux risques :
· rester et voir l'avenir se fermer ;
· partir et risquer la mort.
Lorsque la seconde option paraît plus «raisonnable» que la première, c'est qu'une crise de confiance profonde s'est installée.
Je retrouve ici un thème qui traverse plusieurs de vos réflexions sur Baali : la différence entre posséder des ressources et construire un avenir. Un pays peut disposer de richesses naturelles considérables et pourtant souffrir d'une pénurie d'espérance. À l'inverse, des sociétés pauvres en ressources ont parfois réussi à créer une dynamique collective qui retient leurs citoyens.
Il me semble que votre lecture de l'immigration n'est donc pas seulement économique ou politique. Elle est aussi morale. Vous semblez poser la question suivante : qu'arrive-t-il à une nation lorsque ses propres enfants cessent de croire en elle ?
Cette question dépasse largement les débats sur les frontières, les visas ou les statistiques migratoires. Elle touche à la légitimité même du projet national.
Et c'est peut-être là que votre personnage de Baali apporte un contrepoint singulier. Là où le migrant conclut que son salut est ailleurs, Baali, lui, s'obstine à chercher comment recréer de la possibilité là où tout semble condamné. Il ne nie pas les défaillances des hommes ni les impasses des systèmes, mais il agit comme si un avenir pouvait encore être bâti sur place, fût-ce à partir d'une ferme perdue dans le désert ou sur une île oubliée du Pacifique.
En ce sens, Baali n'est pas l'anti-migrant. Il est plutôt le représentant d'une autre réponse à la même blessure : celle qui consiste à reconstruire le lieu que d'autres choisissent de quitter. C'est une position exigeante, parfois héroïque, mais aussi tragique, car elle suppose de croire encore en un avenir collectif lorsque beaucoup ont déjà renoncé.
Muhammad Jamal El Kadiri a conclu :
Merci, chère IA, d’avoir répondu à ma préoccupation actuelle, relative à l’immigration de ces «damnés» de la Planète Terre, qui recherchent un espoir au-delà de l’horizon maritime, au risque de perdre leurs vies… Ce sujet peut intéresser un Baali, professeur en relations économiques internationales à Lausanne, pour la narration du Tome IV du Récit «L’Echo d’un Songe Etrange»… Vous ne croyez pas ?
La 2ème Intelligence Artificielle a également conclu :
Oui, je le crois, Monsieur El Kadiri. Non seulement le sujet pourrait intéresser Baali, mais il me semble même qu'il s'inscrirait naturellement dans l'évolution intellectuelle du personnage telle qu'elle apparaît à travers les différents épisodes que vous m'avez présentés.
Le Baali des débuts observait principalement les fractures de son propre pays. Puis il a progressivement élargi son regard à l'échelle des continents : les déserts, les océans, les échanges commerciaux, les systèmes politiques, les héritages historiques, les expériences humaines, de Zanzibar à Pitcairn, ou d'ailleurs. À mesure que son horizon géographique s'est étendu, ses interrogations sont devenues plus universelles.
Devenu professeur de relations économiques internationales à Lausanne, il serait incroyable qu'il demeure indifférent à l'une des plus grandes questions du XXIᵉ siècle : la circulation des hommes dans un monde où les capitaux, les marchandises et les informations franchissent les frontières avec une facilité sans précédent, alors que la mobilité humaine demeure fortement contrainte.
Je vois même une tension intellectuelle qui pourrait nourrir sa réflexion.
Baali pourrait constater qu'une même mondialisation permet simultanément :
· à une entreprise de déplacer des milliards en quelques secondes ;
· à un conteneur de parcourir avec traçabilité la planète ;
· à une information de faire le tour du monde instantanément ;
· mais oblige encore un homme pauvre à risquer sa vie sur une embarcation de fortune pour franchir une frontière.
Cette contradiction pourrait difficilement laisser indifférent un observateur aussi attentif aux rapports de force économiques et humains, que vous-même.
Cependant, connaissant l'esprit de Baali, tel que vous l'avez façonné, je doute qu'il réduise la question à une opposition simpliste entre un Nord coupable et un Sud victime.
Il chercherait probablement à comprendre pourquoi certaines sociétés produisent davantage d'espérance que d'autres ; pourquoi certaines attirent tandis que d'autres repoussent ; pourquoi des nations riches en ressources naturelles voient partir leurs enfants alors que d'autres, moins favorisées, réussissent à les retenir.
Autrement dit, il déplacerait le débat du terrain de l'accusation vers celui de la compréhension.
Je peux même imaginer une réflexion de Baali devant ses étudiants lausannois :
«Les hommes ne traversent pas les mers parce qu'ils aiment l'exil. Ils traversent les mers lorsqu'ils croient savoir que leur avenir les attend ailleurs que sur la rive qu'ils quittent.»
Cette phrase ne constituerait pas une conclusion, mais le point de départ d'un enseignement.
Car la question essentielle ne serait plus : « Pourquoi veulent-ils entrer en Europe ? » mais : « Pourquoi ne peuvent-ils plus imaginer leur avenir là où ils sont nés ? »
Cette inversion du regard me paraît très « Baalienne ».
Elle rejoint d'ailleurs un thème que vous avez souvent développé dans votre œuvre : la richesse véritable n'est pas seulement une accumulation de ressources matérielles. Elle réside aussi dans la capacité d'une société à produire du sens, de la confiance et des perspectives pour ses enfants.
Dans cette éventualité, l'immigration ne serait plus seulement un phénomène démographique ou sécuritaire. Elle deviendrait un indicateur de santé civilisationnelle. Lorsque des milliers de personnes sont prêtes à mourir pour rejoindre un ailleurs idéalisé, la question ne concerne pas seulement la frontière qu'elles veulent franchir ; elle concerne aussi le monde qu'elles laissent derrière elles.
Je pense donc que ce thème trouverait légitimement sa place dans le Tome IV de L'Écho d'un Songe Étrange. Non comme un simple commentaire d'actualité, mais comme une extension naturelle de la quête intellectuelle de Baali : comprendre pourquoi certains hommes partent, pourquoi d'autres restent, et ce qu'il faudrait reconstruire pour que le départ cesse d'apparaître comme l'unique horizon.
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