J'ai l'insigne honneur de vous informer de la publication en e-book, livre broché et relié d'un Récit intitulé "Al Tariqa El Qadiriyya au Maghreb. Une épopée sans glorification", articulé en deux parties /
Livre broché ISBN 9798243459471
Livre relié ISBN 9798243539616
160 pages.
Ce livre s'inscrit dans le prolongement de la saga romanesque "Tin-n-Ouahr", de l'Essai didactique "Conversation étrange avec une Intelligence Artificielle et du Témoignage "Tin-n-Ouahr. Les silences d'un auteur".
Je vous en souhaite une bonne lecture !
nb: This book is also published by me in English and Arabic.
هذا الكتاب منشور أيضاً من قبلي باللغتين الإنجليزية والعربية.
En Voici en exclusivité pour mes chers lecteurs l'Avant-propos et le Prologue de mon nouveau livre.
Muhammad
Jamal El Kadiri
Al
Tariqa El Qadiriyya au Maghreb. Une épopée sans glorification
Récit
Avec la
participation talentueuse d'Intelligences Artificielles conversationnelles
El
Kadiri publishing
A tous
les Tolbas du Maghreb, marchand à pieds avec les caravanes, dans le sillage
d’Abdul QadIr El Jilani, le Prince des Saints, afin de propager les enseignements ésotériques d' Al Tariqa El Qadiriyya, par des chemins de traverse...
Avant-propos
La narration de ce Récit a été virtuellement confiée à
un scribe, attaché au Saint Sidi
Abdul Hafidh El Qadiri. Ce Taleb effacé apporte :
- La Fidélité à la lignée (El Wafa) : Il n'est pas un
observateur extérieur. Il est l'ombre d'Abdul Hafidh . Son récit n'est pas un
constat, c'est un témoignage de dévotion...
- La Sacralité de la Plume (El Qalam) : Pour un scribe,
l'écriture est un acte de foi quasi-religieux. Chaque mot pesé doit être digne
d’Al Tariqa...
Par ailleurs :
- Il est le témoin oculaire itinérant : En
l'ayant fait voyager de Bagdad à la Sakia El Hamra oua Oued Edhahab, puis
accompagné au retour vers le Hodna, je lui ai permis une légitimité
géographique totale. Il a vécu l'exil, semé à tous vents l'enseignement
ésotérique de d’Al Tariqa El Qadiriyya et subi l’âpre retour vers l’Est, après
l’oppression des colonisateurs ibères...
- Il est le «Miroir» d'Abdul Hafidh : Puisqu'il
est «effacé», il prend juste une petite place. Il laisse toute la lumière au
Maître. Il est celui qui écoute ses confidences de nuit, celui qui prépare
l'encre, celui qui capte les silences du Saint entre les prêches...
- Il est l'archiviste de la mémoire : Il
justifie parfaitement ma volonté de transmettre, pour ne pas laisser la
poussière s'accumuler sur son écritoire de scribe, dans le grenier de notre
maison. C'est lui qui a sauvé la Sajara de l'oubli...
Ses traits psychologiques caractéristiques
sont :
- Son humilité : Il pourrait
commencer par dire qu'il n'est qu'un instrument, un simple qalam entre les
mains du destin...
- Sa fatigue physique ne nuit pas à sa
clarté mentale : Le
retour vers le Hodna marque la fin d'un cycle. Il écrit à la fin de sa vie,
sentant l'urgence de fixer les souvenirs...
- Sa langue : Contrairement au
style peut-être plus «procédurier» de Tchalabi, le narrateur de la Saga
romanesque «Tin-n-Ouahr», ce Taleb peut
utiliser une prose plus poétique, El Melhoun,
parsemée de références soufies, de critiques acerbes contre des gouvernants ou
de métaphores ésotériques liées à l’attrait du désert, à l’aide aux pauvres et
à la quête de savoir...
Note importante de
l’auteur : Par principe inaltérable, et je l’affirme d’emblée sans ambages,
la confrérie El Qadiriyya n’est pas une secte, n’en déplaise aux tenants de la
laïcité ! Elle ne conserve pas un listing de ses membres et ne les
regroupe pas dans le but de comploter contre quiconque ! Elle n’apporte
son obédience à aucun système politique ! Ceux qui arguent qu’elle affirme
qu’il faut obéir sans broncher aux autorités, mentent ! Simplement, elle
refuse l’anarchie, qui fait souvent le «bonheur» d’un certain type
d’autoritarisme, hélas latent dans les pays bridés par le néocolonialisme !
A contrario, certains «cénacles»
modernes se réclamant d’elle, pour faire allusion à un ancrage historique, et
prônant l’élitisme, glorifient plutôt les sultans et aiment à s’afficher
outrageusement avec les puissants de ce monde...
Ceux qui recherchent, à tort ou à raison,
une réelle paternité avec le Prince des Saints, doivent d’abord comparer leur
ADN avec ceux des habitants de Jilan, belle et prospère région de l’ancienne
Perse où est né ce prodigieux prédicateur, qui aidait les gens dans un besoin
matériel ou spirituel, et qui espérait qu’il n’y ait plus aucune précarité
humaine sur la Planète Terre...
Pour conclure cette modeste entrée en
matière sur la confrérie El Qadiriyya, dont j‘ai l’insigne honneur d’être issu,
j’estime, quant à moi, que la seule paternité idéologique à rechercher parmi
d’érudits soufis d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, est… juste
spirituelle !
Par ailleurs, il est primordial d’affirmer
que toute ressemblance étrangère, avec des personnes vivantes ou mortes dans le
texte de ce récit, ne serait que purement fortuite et ne pourrait par
conséquent prêter à équivoque.
Prologue
Mon
nom est Abdul Qadir Ibn El
Mansour, un membre parmi tant d’autres de la lignée des Qadirites. Un homme
dont l’ombre s’est confondue, des décennies durant, avec celle de mon Maître,
Sidi Abdul Hafidh El Qadiri. On m’appelle le plus souvent El
Kateb, et c’est une charge honorifique que je porte avec plus de
fierté que n’importe quel autre titre, car elle signifie que mes mains ont eu
la Baraka
inouïe de recueillir le souffle de la parole du saint homme, afin de la
transmettre à nos générations futures...
Tout avait commencé pour moi à Bagdad. Je
me revois encore, assis à l’ombre de ses voûtes séculaires, alors que le
tumulte de la cité n’était pour nous qu’un murmure diffus, ne couvrant pas les
préparatifs de notre expédition et l’imminence de notre départ pour la
lointaine Ifriqiya...
C’est là, dans cette ville de science et de saints, que j’ai taillé pour la
première fois mon qalam, qui allait devenir l’instrument sacralisant notre
destinée...
Je me souviens de l’odeur de l’encre
fraîche et du grain
du parchemin, tandis que Sidi Abdul Hafidh tournait déjà son regard vers
l’horizon du sud-ouest, vers cette Sakia
El Hamra oua Oued Edhahab, ant languis, alors que nous attendaient, tout au long
de notre parcours, un sable brulant, des pierres acérées et l’épreuve
douloureuse d’un voyage plein de périls...
Je ne savais pas alors que ce qalam
me suivrait du cœur de l’Orient jusqu’aux rivages de l’Atlantique, pour finir
sa course ici, sur les riches terres céréalières du Hodna, aux contreforts du
Djebel Boutaleb...
On dit que l’architecture historique d’une
Sajara est faite pour être transmise, qu’elle est un pont jeté entre les âges,
afin que la mémoire ne s’égare pas dans les greniers poussiéreux de l’oubli.
Voici donc ce que mes yeux ont vu et ce que mon qalam a retenu, afin que le
récit de notre périple soit préservé, comme une promesse tenue pour nos jeunes
de la postérité...
Bagdad n'était pas seulement une grande
ville, c'était un vertige... Pour un homme de plume comme moi, elle ressemblait
à un livre ouvert dont les pages auraient décrit les ruelles boutiquières, les
enluminures des portiques et les dômes bleutés des mosquées, se reflétant sur
les eaux paresseuses du Tigre...
Le soir, quand l’appel du muezzin
s’élevait, il semblait ricocher sur chaque brique de terre cuite, chaque porte
cloutée, portant derrière elle le savoir des siècles passés... Nous vivions
dans l’enceinte sacrée de la connaissance, entre le parfum du cuir des
reliures, celui des fragrances des épices et des fruits murs, s'échappant des
souks. Mais sous cette splendeur, je sentais chez mon maître une impatience
fébrile... Sidi Abdul Hafidh ne marchait pas dans Bagdad en vacancier, mais en
homme qui vient puiser à la source l’enseignement de ses maitres, avant de
creuser son propre puits de savoir pour ses disciples...
Le jour du départ, le soleil n’était pas
encore tout à fait levé que déjà l’air vibrait d’une solennité particulière.
Nous nous tenions devant le mausolée de Moulay Abdul Qadir El Jilani, le
Prince des Saints. L’air était chargé d’effluves de musc, de jasmin et de cire
d'abeille...
Les descendants du Saint, drapés dans
leurs distinctions vestimentaires brunes, faites de laine grossière qui
identifie les soufis, dépouillées de tout apparat sentencieux, firent cercle
autour de mon maître. Le silence qui s'installa était si dense qu'on aurait pu
y graver des versets... Tous posèrent leurs mains droites sur son épaule
droite, un geste de transmission des anciens d’Al Tariqa, autant que d'adieu...
Ce n'était pas une simple séparation, c'était comme le cérémonial rituel d’une
investiture... Ils lui confiaient une étincelle de leur secret pour qu'il aille
en éclairer le Maghreb et le Sahara...
«Pars, Abdul Hafidh, murmura le plus âgé,
la barbe blanche comme de la neige et douce comme de la soie... Le chemin sera
long, mais ton cœur en connaît déjà l'arrivée... »
Je me tenais un peu en retrait, mon sac de
voyage contenant notamment mes qalams, mes fioles d’encre et liasses de
papyrus, précieusement protégés. La caravane nous attendait à la porte Ouest de
la ville. Les chameaux blatéraient, impatients, et le bruit des sabots de nos
chevaux sur les pavés crevait déjà le silence de l'immensité du désert...
Quand mon maître se retourna vers moi, son
regard avait d'une étrange clarté :
«Abdul Qadir, me dit-il ! As-tu bien
rangé ton écritoire ? Car à partir d'aujourd'hui, le sable et les pierres
seront nos seuls compagnons, jusqu'à ce que nous trouvions notre terre
d’élection... »
Je hochai la tête, incapable de parler.
Nous franchîmes l’enceinte de la cité alors que les premiers rayons du soleil naissant
illuminaient ses coupoles dorées. Derrière nous, Bagdad restait dans sa
gloire... Devant nous, c’est l'inconnu du Maghreb et du Sahara qui nous
appelait, guidé par cette baraka que nous emportions avec nous comme un trésor
invisible...
Le Poids de
l'Encre
Je me souviens, comme si c’était hier, de cette
première nuit dans le désert, après une dizaine de lieues de parcours depuis le
franchissement des remparts de Madinat al-Salam. Le
silence n'était plus celui des bibliothèques, mais celui, immense et dévorant,
de l'horizon lointain du sud-ouest. Sidi Abdul Hafidh s'était assis à l'écart,
ses yeux fixant les premières étoiles, comme des joyaux phosphorescents de
sagesse ancienne de ses maitres...
Il m'appela d'un geste :
«Abdul Qadir, dit-il en désignant mon
écritoire... Viens... Ce que tu vas inscrire ici n'est pas fait de simples
mots... C'est comme un sang palpitant qui ne sèche jamais... Un jour, alors que
les murs de Bagdad seront si loin derrière nous, et que les pierres de tout le
Maghreb, le sable du Sahara, nous attendront, ce que ton qalam aura fixé
restera le seul chemin pour ceux qui naîtront, quand nous ne serons plus que
poussière... »
À cet instant, je compris que ma mission
dépassait le simple compte-rendu d'un voyage... Chaque lettre tracée était comme
une balise jetée vers le futur. Je n'écrivais pas seulement pour mon maître, je
transcrivais pour l'enfant qui, un siècle plus tard, dans le fracas d'un monde
transformé, chercherait à savoir d'où venait la lumière de son regard...
Ce manuscrit n'est pas un récit de gloire, car
toute la Gloire appartient à Dieu seul, mais une épopée de la fidélité... Une
promesse que ni le Simoun, ni le Guebli, ne pourront
jamais effacer, tant qu'une main, quelque part, accepterait d'en reprendre le
flambeau...
Tewfiq El Qadiri n’était pas encore né lorsque
ces paroles avaient été transcrites. Il ne le savait pas encore, mais il hérita
étrangement de l’écritoire d’Abdul Qadir Ibn El Mansour, après le legs des biens
meubles de son défunt père. Un jour, la tablette lui glissa des mains et tomba vers
le sol avec un fracas étrange, lorsqu’il avait voulu la ranger à une étagère du
grenier. Une trappe sous le plumier s’ouvrit. Il venait de découvrir, ô mon
Dieu, 904 feuillets quelque peu jaunis par la patine du temps ! Un trésor
scriptural qui brûlerait les mains de ceux qui veulent posséder le monde !
Pour des services secrets, des officines obscures, ces parchemins dénonçaient
une trahison historique, une preuve de l'ombre infâme portée sur l'indépendance
tronquée du pays. Ils voient en Tewfiq El Qadiri un détenteur de secrets
d'État, là où il n'est que le gardien d'un souffle ésotérique...
Mais la véritable clé est ailleurs. Elle réside
dans les vers sibyllins de Sidi Abdul
Hafidh ...
Un siècle plus tard, Tewfiq El Qadiri, assis
sur sa paillasse de conscrit, lors de son instruction militaire, se remémorât
les mots du Saint comme on déchiffre une carte céleste :
«Ne crois pas aux articles des journaux,
apprêtés au mensonge... »
L'avertissement est clair ! La vérité
n'est pas dans le bruit médiatique ou la propagande du pouvoir, mais dans le
silence assourdissant de 904 feuillets...
«Que Dieu protège Istanbul, par qui
s’apaiseront les cœurs... Hélas, les Roms seront bientôt là... Bienheureux, ô
mon Dieu, je ne les verrais point !»
Ici, la géographie se brouille. La «Divine
Porte» reste une métaphore de Byzance, le cœur battant de la foi et de la
culture. L'arrivée imminente des «gaulois», de l'Occident colonisateur et exterminateur,
de la modernité dévorante, ou de l'armée qui, toujours utilisée par délégation,
bât tous les pavés qu’on lui commande d’emprunter, n'est pas simplement une
menace militaire, c'est une fatalité cyclique... Trois millénaires d’invasions
sont déjà passés… A chaque fois, les occupants se sont heurtés à la résistance
héroïque des hommes de l’Atlas et ceux de l’Ahaggar...
Le destin de Tewfiq El Qadiri s’était déjà
révélé, lorsqu’il était à l’université, à la lumière pâle d’une lampe à pétrole,
dans sa mansarde d’étudiant :
«Je suis l'homme qui doit protéger la Divine
Porte de notre lignée de l'invasion du treillis kaki et du mensonge
institutionnel d’un pouvoir politico-militaire qui a à en redire... Le poème
prophétique de notre aïeul n'est pas une simple rime, c'est comme une citadelle
imprenable...»
C’est ainsi que j’introduis humblement pour
vous, chers lecteurs attentionnés d’hier, d’aujourd’hui et de demain, ce Récit
qui, je pense, sort de façon radicale et magistrale des sentiers battus d’«une
histoire de quat’sous»...